Comics Papiers — 10 mai 2012
The Goon Tome 1 : Rien que de la misère

Scénario et dessin : Eric Powell

 Éditeur : Delcourt
Genre : Humour, horreur, “super-héros” (anti-héros plutôt…)
Date de parution : 1 mai 2005
Nombre de Pages : 160 pages
Nombre de volumes : 8
Statut :
Série en cours
Prix conseillé : 14,95€

 

Synopsis

Les zombies pullulent, les morts se lèvent et sont en marche pour étendre le pouvoir du Prêcheur, leur guide et maître. Rien ne semble arrêter cet être, expert en arts occultes, qui livre une guerre de territoire sans concession contre le mystérieux Labrazio. Figure locale de la pègre, Labrazio est aussi insaisissable que redouté. Mais alors que plus personne ne sait où le protecteur de la ville est passé, rien ne semble pouvoir arrêter la marche des sbires du « Zombies Priest »…
Rien ? Pas vraiment ! Face aux zombies, goules et autres démons, le bras droit de Labrazio semble être un rempart infranchissable. Cette montagne de muscles à la gueule cassée est connue sous le nom du Goon. Lui et son ami, le débonnaire Franky, vont maintenant devoir défendre le territoire de Labrazio.
Action, humour et révélations : embarquez avec le Goon !

 

Avis

Maintenant passons aux choses sérieuses. Que valent ces comics qui au-delà des personnages post-apocalyptiques représentent les conflits entre les pontes de la pègre ?

Ne laissons pas le suspense s’installer davantage ! Ce premier tome laisse entrevoir une excellente série.

Il est dynamique, présente rapidement les personnages et entre directement dans le vif du sujet. Ce n’est pas un tome introductif qui s’étire et manque de rythme. L’action est au rendez-vous et les rebondissements aussi.

Le personnage du Goon est plus complexe qu’il veut le faire croire. Ces deux anti-héros the Goon et Franky ne laissent pas le lecteur indifférent. On a immédiatement une sympathie pour ces héros hors-normes qui sont passés maître dans l’art de dégommer nos amis les zombies et autres morts-vivants.  Je pense au vampire attaché puis brûlé à l’avant d’une voiture pour ne citer que cette mort étonnante. Ils sont inventifs et violents et pourtant qu’est ce qu’on s’amuse ! Non, je ne suis pas sadique mais l’auteur a réussi à intégrer un humour qui fait le charme du comics et qui allège la violence. The Goon possède un humour très agréable qui permet de faire de ce tome un véritable exutoire : « J’te le dis c’est une honte de vivre à une époque où quand tu commandes une pizza quinze foutus zombies se pointent à ta porte. ». La dérision se trouve dans la vision du zombie, mais aussi dans toutes les situations les plus loufoques. Le Goon est un personnage humoristique qui aime se moquer des zombies qui apparaissent comme bêtes et stupides. L’action et l’humour permanents amènent une touche esthétique très plaisante qui devient la marque de fabrique du Goon et qui est très divertissante.

Il ne faut pas oublier de parler du dessin. Eric Powell, dessinateur presque autodidacte, a choisi un graphisme proche des anciens comics, cependant il a retravaillé les couleurs. On peut avoir peur de cette apparence rétro. Détrompez vous le graphisme sert l’humour et l’histoire. En effet,  cela crée un décalage et un pont spatio-temporel entre les générations. Les plus vieux regarderont avec nostalgie ce dessin qui leur rappellera leurs premiers comics (la larme à l’œil, avec cette pensée : “C’était mieux avant !”). Les jeunes découvriront un dessin qui leur est inconnu mais cela restera un réel plaisir. Deux flashbacks prouveront que l’auteur peut créer des univers graphiques différents de qualité et qu’il y a par conséquent une vraie volonté de faire partager ce dessin sorti d’un temps ancien. Ce pari était audacieux mais c’est un franc succès qui ralliera les générations.

The Goon a donc un caractère et un univers qui m’ont conquise et qui laissent annoncer une suite de qualité.

 

En bref : The Goon commence la série en beauté avec un univers fantastique qui ne peut pas laisser indifférent. L’humour décalé donne une bouffée d’air frais au genre zombiesque et qui est contrebalancé par une grande violence. Cependant la patte graphique peut rebuter certains d’entre vous qui pourriez être tentés de dire « Beurk c’est moche ! ».
Pour les autres vous passerez assurément un pur moment de plaisir en vous détendant par cette lecture récréative (qui a dit “régressive” ? ^^).

Le 9e tome sortira le 23 mai prochain.

 

note8

 

 

Auteur

sherane

Chroniqueuse bande-dessinée, comics, manga, livre ... et plus généralement tout ce qui se dévore.

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4 Commentaires

  1. Pas mal du tout ce premier article !
    Une bonne BD en tout cas: fun, efficace et drôle. A quand la suite ?

  2. On se console de l’abandon (momentané ? ^^”) de la production/réalisation du long métrage avec les articles de Sherane :p

  3. je crois même qu’il faut se faire une raison… le film d’animation ne verra pas le jour. Après, il peut toujours revenir d’outre tombe :D

  4. J’adore “The Goon” et je suis un grand fan du style de Powell, je cherche d’ailleurs des artbooks/sketchbooks de ce type. Impossible de lire son chef d’œuvre “Chinatown”(tome 6) sans tomber amoureux de ce génie :D
    Il faut savoir que non seulement l’histoire du Goon prend de l’épaisseur avec le temps mais que le talent de son auteur augmente aussi. C’est, je trouve, très impressionnant pour qui s’intéresse au dessin, à la BD et aux comics. Le bémol, c’est qu’on ne peut pas se fier, vraiment, au tome 1.
    D’ailleurs, si tu mets 8/10 au premier, t’auras plus assez de points pour la suite hé hé !

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