Comics Papiers — 21 juillet 2012
The Goon tome 3 : Tas de Ruines

Scénario et dessin : Eric Powell

Éditeur : Delcourt
Genre : Humour, Horreur, Noir, “super-héros” (anti-héros plutôt…)
Date de parution : 13 septembre 2006
Nombre de Pages : 120 pages
Nombre de volumes : 9
Statut :
Série en cours
Prix conseillé : 14,95€

 

 Synopsis

Amateur de comics et d’histoires loufoques et humoristiques, ce troisième opus est pour vous. Un invité s’invite à la fête, une autre célèbre gueule cassée, j’ai nommé Hellboy. Le mélange d’action, d’humour et d’horreur vous emmènera dans des aventures des aventures des plus extravagantes. Par exemple Hellboy apparaît comme une Alice courant après le Chat dans un Pays des Merveilles fait de pieuvre et de monstres marins. Une association étonnante et détonnante qui a valu à Eric Powell de recevoir plusieurs Eisner Awards.

Pour les fans du Goon, rassurez-vous, vous ne serez pas déçus par ce tome agréable, drôle et relaxant.

Avis

Cet album apporte comme à chaque fois son lot de surprise et de nouvelles inventions. Eric Powell réussit à chaque fois à nous surprendre et à nous faire rire en utilisant de nouveaux personnages, de nouvelles intrigues. Il a su faire une série loufoque et humoristique qui n’est jamais synonyme de routine. Le bonheur de la surenchère fonctionne à merveille, pourquoi s’en priver ? Si on aime The Goon, c’est surtout pour ce manque de sérieux et cet univers décalé et singulier.

Dans ce troisième album, nous trouvons un éventail de nouveaux personnages comme Busard, l’ami dévoreur de morts du Goon, une mamie loup-garou, un savant fou venant d’un monde de super-héros rétro et quelque peu futuriste, ainsi que son fidèle acolyte. Le Docteur Alloy est un personnage intéressant car l’influence des comics et des professeurs fous est très présente.  Cependant, Eric Powell n’a pas pu s’empêcher de faire de ce docteur une caricature car il est petit, rondouillet et a changé son corps en or grâce à ses connaissances en alchimie.

Le personnage le plus marquant reste le célèbre Hellboy. Son apparition se fait aussi avec humour. En effet, le dialogue entre Hellboy et Franky donne le ton. Franky demande « C’est ton état naturel ou tu as une sorte d’Erythème fessier ou un truc du genre ? » Hellboy répond «  Naturel, je crois. » et Franky « Je vais t’appeler Rosie ». Finalement sans véritable explication Hellboy se fera appeler Rosie dans l’ensemble de l’album. Le monstre perd donc toute sa crédibilité car on le voit comme malade et simplet. L’auteur a réussi à le faire entrer dans ce monde décalé sans qu’il ne fasse tache, en 3 pages, le héros se fond au décor tel un caméléon et réussit à se rendre indispensable.

 Vous avez dit loufoque ?

Même si les personnages sont présentés sur le ton de la rigolade, vous ne savez toujours pas ce qui va faire les grands jours de ce tome.

À la quatrième place, j’appelle tous les moments où les méchants se font enfoncer des objets insolites dans des parties encore plus insolites (couteau, bougies, brique).

À la troisième place du classement des apparitions les plus imprévues, j’ai nommé la discussion entre un phoque prédicateur et le Goon. Digne du squetch dAnthony Kavanagh. Le lecteur ne peut comprendre que les paroles du Goon. Grand moment de délire qui fera beaucoup rire ceux qui connaissent ce squetch.

À la seconde place, nous avons les publicités caricaturales qui proposent un Kit de Lobotomie Billy. « Toutes nos têtes proviennent de forçats et de païens sans âmes. ». ou encore une pilule du Super Corps.

Le grand gagnant de ce classement de l’apparition la plus hallucinante est le combat de monstres géants digne du film de série B « Mega Shark vs Giant Octopus ». Cette caricature se mange sans faim. La narration est d’une grande virtuosité.

L’ensemble du récit contient une écriture excellente qui mêle humour et horreur brillamment. L’auteur s’amuse avec ses personnages, il y a une complicité qui est plaisante pour le lecteur.

Eric Powell tient à entretenir une relation d’échange avec son public. Il nous prouve sa volonté par la légèreté de cette histoire qui se dévore rapidement mais aussi par le sketchbook qui suit. En effet, il offre à la fin l’histoire de la création du Goon avec une multitude d’anecdotes. Ce document est un objet intéressant pour les fans inconditionnels mais pas seulement car il est instructif. L’auteur livre ses difficultés, ses doutes et ses problèmes, accompagnés de magnifiques croquis.

Eric Powell est un dessinateur complet qui sait changer de style et de graphisme quand bon lui semble. Cette pluralité donne une richesse aux graphismes.

Pour les amateurs d’art vous apprécierez la critique faite sur le dessin symboliste et vous admirerez le style utilisé. Il est énervant de voir avec quelle facilité il mélange les techniques de dessin avec brio pour créer des bulles toujours plus incroyables.

 

 

En bref 

Encore un album formidable, qui est à la auteur des attentes du premier. Une série qui s’améliore en permanence et laisse toujours derrière elle de belles surprises. Il y en a pour tous les goûts : amateurs de gore, d’humour, d’écriture subtile ou de belle plume. Nous ne pouvons que nous incliner devant une telle prouesse.
Nous finirons par deux phrases de l’histoire « L’ignorance est un Bonheur ! » « … et on est plein de Bonheur. » (page 12)

 

note9

Auteur

sherane

Chroniqueuse bande-dessinée, comics, manga, livre ... et plus généralement tout ce qui se dévore.

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