Comics Papiers — 23 août 2012
The zombies that ate the world 2 : Le onzième commandement

Dessin : Guy Davis

Scénario : Jerry Frissen

Date de sortie : 4 juillet 2012
Édition : Les Humanoïdes Associés
Genre :
Horreur, humour
Nombre de pages : 96 pages
Nombre de tomes : 2 tomes
Prix conseillé : 13, 50€

 

Synopsis

Embarquons de nouveau dans les aventures de Karl, sa sœur Maggie et Freddy le belge. Au menu, des thermites tenaces, des problèmes pour s’asseoir, une cavale, de nombreux zombies massacrés et des blagues sur les belges.

Avis

L’album commence bien puisque la préface a été réalisée par Joe Dante le réalisateur des Gremlins et de Hurlements. Les Humanoïdes Associés accueillent pour cette réédition un invité de marque. La préface est intéressante puisqu’elle comporte un historique sur les zombies et un résumé du premier tome. Même si les fans seront content de lire le monsieur, il y a peut être trop de fleurs envoyées à cette série, car la comparer à Walking Dead c’est peut-être un peu audacieux (exagéré ?). Vous penserez à nous quand vous lirez cette phrase qui ne peut faire que sourire : « Les zombies atteignent le sommet de la gloire avec Les Zombies qui ont mangé le monde ». Nous comprenons que le réalisateur puisse avoir voulu faire honneur au titre mais là c’est un peu trop gros malheureusement, nous ferons donc semblant d’y croire.

Nous vous rassurons, ce second tome a perdu quelques défauts du précédent. Il y a moins de gros mots et de réflexions gênantes et sans intérêt. En revanche, le personnage de Freddy est plus belge et plus bête que jamais. Freddy est un peu le Averell du groupe ; il ne comprend jamais rien, il est simplet et n’a qu’une obsession : son jogging. Pour le côté belge, Freddy fait des blagues sur Obélix et Astérix que personne ne comprend et remanie les proverbes. Nous nous rappelons tous du pseudo-proverbe redevenu célèbre avec le film Intouchable : « Pas de bras, pas de chocolat ! »? Nous avons ici la version belge : «  Pas de bras, pas de frites ! ». Le personnage est attachant car il n’est pas méchant juste un peu rude. C’est une brute au grand cœur, qui essaie de vivre normalement et de fonder une famille. Si nous étions tâtillon, nous regretterions qu’il soit un peu trop marqué par sa stupidité, ce qui pourrait devenir agaçant. Nous pourrions penser aussi que le lecteur n’est pas stupide et que certains indices prouvent que le personnage est rustre et qu’il ne s’agit pas du cerveau de la bande.  Par conséquent, des répliques comme : « Qu’est ce qui se passe ?» toutes les deux pages pourraient devenir un peu agaçantes. Mais nous ne sommes pas comme ça et nous nous tairons sur le sujet. Nous nous réjouirons seulement qu’il y ait plus de logique dans le scénario, ce qui est plaisant pour suivre le récit.

Le scénario a gagné en profondeur, car de nombreux sujets de société sont abordés. Nous suivons les problèmes posés dans le tome précédent comme la question religieuse avec le retour du Christ. Va-t-il apparaître ? Va-t-il y avoir une révolution religieuse ? Même si nous mourrons envie d’en parler, nous vous laissons profiter de ce moment délicieux. Le Christ n’est pas le seul qui est remis en question, il y a aussi le problème de tous les papes qui reviennent à la vie. Peut-être une nouvelle religion ? Chut, nous ne dirons rien de plus.

La religion n’est pas le seul sujet abordé, il y a aussi des questions politiques. Les morts-vivants ne veulent plus être traités comme des sous-hommes ou des parasites, ils veulent pouvoir vivre normalement, avoir des responsabilités. Ils vont essayer de faire valoir leur droit en créant un martyr. La politique se voit aussi avec les deux amis de Freddy qui sont les fils exilés du roi belge. La monarchie est critiquée par le biais d’un vocabulaire démodé : « Relève-toi manant », mais aussi par toutes les actions qu’ils effectuent qui sont « princières » ou « royales » et par leurs vêtements, avec la célèbre cape d’hermine très à la mode.

Nous pouvons évoquer la question du Beau (Winckelmann) dans l’art. Freddy dit : « Garde-moi ce débile. C’est de l’art ça ? Pourquoi hein ? Dis-moi pourquoi, c’est même pas beau. ». À plusieurs reprises l’art se retrouve au centre de l’attention, avec toutes les interrogations qui lui sont relatives comme qu’est ce qu’un chef d’œuvre ? Peut-on tout faire sous l’égide de l’art ? Les questions sont posées maintenant et il n’y a pas la réponse à toutes, c’est dommage. On enfonce des portes et on ne les referme pas. C’est un peu frustrant car il y aurait eu des choses intéressantes à aborder.

Il y a aussi le problème de la drogue qui est abordée avec beaucoup d’humour.

De nombreux problèmes sociaux sont mis en relief ce qui permet de donner du relief au récit de faire de celui une histoire plus riche et plus intéressante.

En bref

Un second tome meilleur que le précédent. Malgré le fait qu’il n’a pas su gommer tous les défauts du premier, il a su enrichir le récit. L’humour est plus léger ce qui n’empêche pas une violence présente et plus intense. Les amateurs de cervelles écrasées seront servis. Pour ne pas vous enlever la surprise, nous ne vous parlerons pas de la scène la plus choquante qui malheureusement n’aura pas un grand rôle par la suite, dommage. Par contre, nous ne pouvons pas être d’accord avec Joe Dante ; ce n’est pas une série mémorable pour l’histoire zombie. Elle ne vendra pas autant d’exemplaire que Walking Dead et possède trop de défauts pour être appréciée du plus grand nombre. Même si elle reste divertissante pour lire pendant les vacances.

 

note6

Auteur

sherane

Chroniqueuse bande-dessinée, comics, manga, livre ... et plus généralement tout ce qui se dévore.

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2 Commentaires

  1. super article !!

  2. Superbe article comme le dit Baltorg

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