Culture Z Livres Papiers — 09 janvier 2013
Toxic – Episode 1 – Homo Putridus, la critique !

toxic episode 1 homo putridusType : Série Littéraire
Format : E-books
Auteur : Stéphane Desienne
Editeur : Walrus Books

Disponible GRATUITEMENT sur : Immateriel, ITunes,  Amazon.fr,

Nombre de pages par épisode : Environ 100 pages
Nombre d’épisodes de la première saison : 6
Nombre de saisons (=livres) total : 3

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Synopsis

Si seulement les morts-vivants avaient été le seul problème de l’humanité… La race humaine tente vaille que vaille de survivre au sein de poches de résistance dispersées. La Terre n’est plus qu’un vaste champ de ruines aux ressources de plus en plus rares. Pour en arriver à un tel cauchemar, notre monde aura dû affronter deux fléaux: un virus inconnu et dévasteur a d’abord décimé la population — la transformant en hordes de zombies — puis débarquèrent des étoiles ceux qui auraient pu être les sauveurs : une armada extra-terrestre. Hélas, pour ces aliens, les hommes ne sont que du bétail dont la chair est un mets des plus appréciés outre-espace… à condition qu’ils ne soient pas contaminés! Car transformés en morts-vivants, les humains n’ont plus aucune valeur. Depuis son Q.G. de Dubaï, Naakrit dirige les opérations qui feront de lui un alien riche : collecter des humains sains et en gérer l’exportation pour ses clients. Mais avant d’amasser sa fortune, il devra composer avec deux problèmes épineux: Jave, un émissaire venu surveiller son activité, et la prolifération du virus zombie qui menace ses capacités d’approvisionnement. Pendant ce temps, un groupe d’humains cherche à échapper aux zombies et aux extraterrestres. Tous sont bien décidés à reprendre le destin de leur planète en mains. Mais quel espoir peut bien guider ceux qui survivent au milieu de cet enfer ?

 

Avis Toxic Episode 1 : Homo Putridus

Avant même d’évoquer le contenu narratif de cet ouvrage Z, laissez moi pousser un long râle de contentement… *lache son clavier et incline la tête en arrière*

” – RAAAAAHHHHGGG !”

Quel vent de fraîcheur ! Non je n ai pas péter un câble ! Mais sachez que lorsque vous lisez uniquement des ouvrages Z (ou presque) et que ceux ci proviennent à 99,9% de nos chers américains ou occasionnellement britanniques, vous voguez en permanence sur des phrases qui n’exploitent ni la beauté syntaxique de la langue française, ni hélas son riche vocabulaire.

Or l’auteur de Toxic, Stéphane Desienne nous fait jouir (pardonnez l’expression :p) pleinement de notre nationalité française. Pour tout avouer, je n’avais autant savouré la lecture d’un livre Z depuis Un Horizon de cendres de Jean-Pierre Andrevon, les auteurs français étant rares et employant de plus en plus le niveau littéraire des traductions américaines (à mon grand désespoir…). Bref, M. Desienne vous m’avez d’ores et déjà séduite par votre style et votre maîtrise de la langue bien avant de plonger dans les filets de votre intrigue !

Mais l intrigue ?! Parlons en ! Comment ne pas rentrer dans le banal ou le déjà vu en matière de  Z ?

Un tâche très difficile, voir même impossible dirait certains. Entre les zombies aux pouvoirs magiques, ceux qui parlent et tombent amoureux, les lents, les rapides, les bioniques, etc… Difficile d’innover ! Pourtant l’auteur apporte un total renouveau au genre Z. Il ne dénature ou ni n’étend la nature du mort vivant mais le place dans un tout nouveau contexte. David Wellington dans sa trilogie Zombie Story avait eu l’intelligence de les placer dans un contexte fantasy. Son idée de base était brillante, même si au final, sa surexploitation a conduit à sa perte après un premier tome réussi. Notre auteur lui a pris le parti de choisir la Science Fiction en l’intégrant subtilement dans la problématique d’une pandémie Z. Une nouvelle dimension puisque nous ne sommes plus dans la dualitée manichéen pur et dur du humain versus zombies mais dans une relation triangulaire complexe : les membre du collectif commercial (extra-terrestres), les morts-vivants et les humains.

 Le collectif commercial composé de différentes races évoluées de la galaxie a divisé l’univers en parcelles disponible à l’achat. Un des acheteurs touche par hasard le gros lot puisque dans son terrain se trouveun petit bijou commercialement parlant: la planète Terre. De quoi renflouer ses caisses puisque la plupart des races du Collectif sont carnivores ! Et la viande humaine est au Aliens ce que le caviar est aux riches terriens : le fin du fin ! Et quoi de plus facile que de capturer cette espèce à l’évolution pré-spatiale ? La poule aux œufs d’or fut néanmoins de courte durée puisque une mystérieuse maladie frappe ses “produits de première qualité” (les humains) et les rends avariés (les zombies). L’acheteur ne l’entend pas de cette oreille devant respecter des objectifs de production. Il doit donc trouver la solution à l épidémie tout en traquant les derniers produits sains à l aide de ses mercenaires.

À partir de ce pitch l’auteur déroule donc l histoire selon deux points de vue : celui d’un groupe de survivants humains confrontés aux zombies avides de leurs chairs fraîches et aux Aliens… avides de leurs chairs fraîches (et ben… pas de bol…) et possédant une technologie dé pointe pour les chasser. Un mixte en somme de notre genre Z classique agrémenté de V, et d’un soupçon de la Guerre des mondes… En somme un star wars du z finement amené. Le scénario de base est donc excellent et parfaitement narrer. L’auteur peut donc à sa guise voguer d’un monde à l’autre et constituer au fil des lignes un univers complet et complexe. En espérant qu’il exploite à fond son filon dans les prochains épisodes sans sombrer dans l’exagération de Wellington… et il est bien parti pour !

Concernant le tempo du livre, même si l’immersion dans l’univers est peu évidente (de nombreux grades, races et contexte) une fois effectué, c’est un vrai régal. De nombreuses scènes d’actions et de poursuites, deux point de vues qui apportent leurs propres énigmes et un dynamisme fortement apprécié, des personnages aux ébauches détaillées sans pour autant rentrer dans le caricatural exacerbé… Non sans rire, un pur régal !

Si je devais faire une seule critique concernant ce premier épisode, elle se dirige vers le personnage Dexei…. Franchement…. C’était catalogué… et à 10 milliards de kilomètres ! (je ne spoilerais pas tout). Le coup de l’autiste boulet qui ne sert à rien mais pourtant qui est méga important, on nous a déjà fais 100 fois le coup !

La note est difficile à attribuer puisque ce n’est que le premier épisode de la saison (soit la première partie du romain), mais il mérite aisément un 8 et un peu en dessous d’un 9. Comme le 8,8 n’existe pas sur zombiesworld…. va pour le 9 !

note9

 

toxic michel desienneExtrait du livre Toxic de Stéphane Desienne

 

Homo Putridus

L’approvisionnement en produits humains est menacé. »

Naakrit Ot du clan Kulari reposa son bock sur son étrier de métal. Ses trois doigts écailleux caressèrent la courbe de la poignée en os d’un blanc laiteux. Ses yeux d’un vert prononcé et sans expression épièrent les réactions de l’envoyé spécial. Celui-ci, prince marchand du Combinat, se contenta de piocher à nouveau dans le plat. Ses mandibules s’ouvrirent et se refermèrent sans émettre le moindre son. Il agrémenta le doigt humain qu’il venait de saisir d’un condiment épicé avant de le porter à sa bouche. Le craquement des phalanges broyées par ses mâchoires rompit le silence. Lorsqu’il eut terminé, son abdomen insectoïde bourdonna :
— Nous avons investi beaucoup d’influence, sans parler des moyens matériels, afin de soutenir cette expédition. Nous escomptons un retour conséquent, à la hauteur de nos… encouragements.
En négociateur averti, il rappelait les bases de l’accord. Les menaces viendraient plus tard. Ils se comportaient tous deux en créatures civilisées, sans animosité, dans l’attente éventuelle d’un passage en force.
— J’en suis parfaitement conscient, Excellence. Je vous assure que vos intérêts demeurent ma priorité.
— J’en suis ravi. D’après nos analystes, les prévisions de vente de produits humains promettent des gains substantiels. Ils estiment qu’il existe même un marché de luxe pour ces phalanges.
Ses pattes chitineuses remuèrent le monticule de mets raffinés qui, selon le cours officiel, ne tarderait pas à valoir une petite fortune. Il en retira un autre doigt, à l’épiderme foncé. Naakrit siffla sa satisfaction, sa langue s’enroula ensuite au fond de sa gorge. Des milliards de créatures vivantes trouvaient les humains à leur goût et ils y mettaient le prix. C’était tout ce qui comptait.
— En tant que principal investisseur, vous disposerez d’un monopole de distribution couvrant de larges secteurs du Collectif Commercial.
— À condition que vous respectiez vos engagements, rappela le prince marchand.
— J’ai rang de Primark sur ma compagnie qui a toujours honoré sa signature. Un contrat est un contrat.
— Parfait, alors pourquoi ce cargo est-il pratiquement vide ?
La capacité de stockage avoisinait le million de corps cryoconservés. Les mercenaires l’appelaient le congélateur et pour le moment il contenait à peine cent mille unités. Très loin des chiffres de sa dernière livraison. Le Combinat gérait ses affaires avec un sérieux parfois mortel pour qui tentait de les duper. Naakrit devait absolument rassurer ses investisseurs sans toutefois dissimuler la réalité de la situation. Un équilibre subtil face à cet envoyé bien placé dans la hiérarchie s’il en jugeait par son escorte ; sept gardes en armure de combat intégrale.
— Il me semble nécessaire que vous vous rendiez compte par vous-même de la nature du problème.
Le prince redressa son crâne oblong doté de courtes antennes. La lumière crue de la passerelle se refléta sur ses globes oculaires composés de milliers de microalvéoles.
— Bien, Primark. Voyons voir ça.
 
Naakrit couvait sa découverte avec la même précaution qu’une femelle surveillant ses œufs. Il avait ainsi organisé la rencontre en terrain neutre, un lieu tenu secret à l’extérieur de la concession. Même s’il jouissait d’une licence exclusive, elle ne le protégerait pas de concurrents sans scrupules, des écumeurs ou bien d’un coup de force de ses clients. Le mégatransporteur flottait en marge d’un système stellaire au foyer dominé par une étoile géante. Il ouvrit la marche, deux pas devant son excellence encadrée par les soudards du Combinat. Leurs carapaces carbones ne renvoyaient aucun éclat. Les ombres mortelles paraissaient léviter en silence. La procession franchit une succession de sas puis ils empruntèrent une plate-forme qui descendit jusqu’à un pont assez large pour permettre à plusieurs véhicules terrestres d’y circuler de front. Les parois couleur rouille se perdaient vers un plafond brumeux. Le reptilien invita son hôte à le suivre. Les condensats et les circuits de réfrigérants provoquaient des gradients de température importants et l’humidité glaçait l’atmosphère. Loin du confort — voire du luxe — des quartiers réservés aux invités, d’où ils descendaient, il activa le chauffage intégré de sa surveste. Les membres de son espèce ne disposaient pas d’organe permettant une régulation thermique efficace. Si les basses températures causaient des engourdissements ou des pertes de motricité, affronter des conditions extrêmes sans protection menait au délire de glace et à la mort. Ici, il ne risquait rien, mais il éprouvait toujours une gêne en se rendant dans ce secteur.
Devant un panneau, il composa son code sur le pavé tactile. Le couloir menait à une cale aménagée en laboratoire et percée d’une baie vitrée courant sur toute la longueur.
— Nous y voilà.
Il tendit sa patte en direction du spectacle écarlate. Les souillures cramoisies tapissaient les cloisons d’un blanc clinique et des carcasses à divers stade de dépeçage jonchaient le sol. Au milieu d’un amas d’os et de chairs, un humain se tenait debout. Il semblait affublé de tics incontrôlables et se déplaçait en traînant une jambe droite qui ne paraissait pas fonctionnelle. Des reliques vestimentaires masquaient en partie une peau blafarde, par endroits couverte d’ecchymoses et de meurtrissures virant au noir putride. D’un geste rapide, Naakrit commanda la projection virtuelle. Il sélectionna une icône et soudain, ils perçurent une litanie de grognements et de gémissements. Le prince marchand caressa une antenne :
— La créature est impropre à la consommation ?
Le reptilien le confirma :
— Le virus imprègne les tissus humains au point qu’il devient impossible de les traiter en vue de la commercialisation.
— Combien d’unités sont-elles avariées ?
Naakrit se détourna de l’affichage flottant. La vérité s’imposait. Dissimuler une information vitale au Combinat constituait un moyen certain de finir son existence dans d’affreuses conditions.
— Sept milliards et demi.
Le prince absorba l’annonce sans se démonter.
— Vous ne pouvez pas les vendre comme esclaves.
— Hélas non. Ils n’obéissent qu’à un unique stimulus.
Sa griffe toucha une bulle commande. Une ouverture se dessina et un quadrupède à fourrure s’aventura à l’intérieur. Avant la fermeture de la trappe, l’humain se précipita et Naakrit coupa le son au moment où la chèvre se mit à bêler. L’envoyé spécial observa le spectacle sans réagir. Lorsque l’animal cessa de tressaillir, il déclara en avoir assez vu.
Ils quittèrent la cale et sur la plate-forme, il inclina l’une de ses antennes :
— Il reste des produits sains, n’est-ce pas ? stridula-t-il.
— Quelques millions, leur nombre tend à diminuer. Ils se dispersent ce qui complique leur localisation. En conséquence, le taux de capture s’effondre ce qui explique au final, la chute des quotas de livraison.
— Tout ceci ne me plaît pas.
Le prince ne possédait pas du pouvoir de décision. Son rôle consistait d’abord à reporter au Combinat qui prendrait les dispositions nécessaires. Toutefois, ses investisseurs considéreraient son sentiment et la question de la confiance serait abordée en toute franchise. Il le savait. Sa réputation, espérait-il, jouerait alors en sa faveur.

[...]

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.................................... Fondatrice de Zombies World .................................. Armes préférées : la tronçonneuse qui tâche et la cuvette des toilettes !

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