Culture Z Interviews Livres Papiers — 29 août 2013
Une interview déjantée d’Isabelle Haury!

 

Isabelle Haury nous a régalé d’un recueil de nouvelles atrocement zombiesque, si vous me passez l’expression. C’est donc naturellement que nous nous sommes jetées à corps perdus dans une interview un peu dingue, qui j’espère vous ravira!

Pour vous rafraichir la mémoire, la critique est dispo ici.

 

Allez, bonne lecture!

 

Une belle matinée pluvieuse à Paris. Plus de saison, il pleut des cordes en plein mois d’Août. Les enfants en vacances, je m’offrais une journée shopping dans un grand centre commerciale très connu dont je tairais le nom par respect de la concurrence.

 

Alors que j’avais déjà fait pas mal d’emplettes allant du sac de sport multi fonction au pied de biche si utile en toute circonstance, j’allais faire un ravitaillement de nourriture. La chasse aux dinosaures étant interdite, je me rabattais sur des conserves et des produits surgelés de nature à me créer un bon stock en cas de fin du monde.

 

Au rayon fruits et légumes, je croisais une tête connue….Isabelle Haury, l’écrivain et rédac sur un très bon site spécialisé en film d’horreur. Un peu timide, je m’approche d’elle afin de faire un brin de causette.

- Salut Isabelle. Je ne sais pas si tu te rappelles mais j’ai fait un article sur ton livre il y a quelque temps déjà….

- Salut, July ? C’est bien ça ? Oui je me rappelle bien de cet article.

- Je voulais encore te féliciter pour cet ouvrage si sympathique et rempli d’histoires à frémir. Comment te sont venues ces idées si morbides ?

- Merci. Oh les idées se sont enchainées à partir du moment où je me suis décidée à écrire. Pour Le Monde Des Morts qui a été la première, l’idée est venu d’un appel à texte avec pour thème la fin du monde du 21 décembre 2012. Ma nouvelle a été retenue, mais malheureusement le projet de recueil est tombé à l’eau alors j’ai voulu écrire encore pour me remonter le moral. Un soir j’ai pris mon carnet noir dans mon sac, et je me suis mise à réfléchir à tout ce que j’aimais dans le monde des morts-vivants. Là, les idées ont fusé et j’ai noirci plusieurs pages.

- Les citations qui ponctuent les débuts de tes histoires sont cultes. Tu es mordu de culture bis ?

- Oh que oui ! J’adore particulièrement les zombies, ils font partie de mes sujets fétiches. Je les ai d’abord découverts dans le cinéma et ensuite dans la littérature et les jeux vidéo ! Depuis, je surveille tout ce qui les concerne de près ou de loin.

- Et cette passion du zombie, tu es tombé dedans toute petite ou c’est venu plus tard ?

- Ma passion a débuté avec l’horreur en premier, puis à la rencontre avec mon mari celle des zombies a explosé. En tant que fan de George A. Romero il m’a fait découvrir un monde dans lequel j’ai plongé sans me faire prier.

- Dans le genre zombie, tes préférences vont à qui en matière de film ?

- A George A. Romero justement (à part pour Survival Of The Dead que je n’ai pas aimé), sinon mes autres coups de cœur vont à L’Armée Des Morts et 28 Semaines Plus Tard.

- Tu lis aussi des comics, bd, ou autres ?

- Oui dès que je peux, mais uniquement s’ils ont un thème lié à l’horreur, s’il y a du zombie c’est encore mieux !

- Tu travailles comment ? Moi pour mes articles, j’utilise la bonne vieille méthode crayons et papiers…je note tout le temps pleins de trucs….

- Je bosse de plus en plus sur ordinateur. Mais j’ai un carnet comme je te le disais qui ne me quitte jamais. Dès que j’ai une idée je le note, que ce soit dans une salle d’attente, dans les transports en commun ou chez quelqu’un. Par contre mes textes sont tapés directement sans passer par la phase papier. Je crois qu’avec les PC j’ai perdu mon envie d’écrire sur papier.

- Je me suis toujours demandé quel genre de zombie j’aimerais être. Je crois que je préfère les « infectées » à la Dany Boyle. Quitte à bouffer des gens, autant le faire en courant….Et toi, tu te verrais comment en zomblard ?

- On ne pourrait pas vivre dans la même pandémie alors.  J’adore les zombies ultra lents qui déchirent la nuit avec leurs gémissements flippants. Ils semblent inoffensifs et pourtant…

- Moi j’avoue que j’ai du mal avec le côté puant et pourrissant. Je me mettrais des tonnes de déo… Tiens d’ailleurs faut que j’en prenne.

- Je crois que ce serait le pire ! Je t’accompagne il m’en faut aussi.

Alors que nous cheminions vers le rayon féminin (c’est bien connu les mecs ne mettent pas déo et ne se lavent pas…ho allez boutade quoi!), nous avons aperçu un gars qui courait.Rien de bien inhabituel jusque là…Sauf que d’autres ont suivit.  Je me penche à l’oreille d’Isabelle et lui murmure:

-Manquerait plus que des zombie attaquent le magasin! Blague à part, t’aurais voulu écrire quoi ensuite ? T’avais pas un projet de roman issu d’une de tes nouvelles ?

- Si, si, je bossais encore dessus ce matin avant de me décider à faire mes courses. Mon roman aura pour titre Le Monde Des Morts, il est la suite directe de ma nouvelle parue dans Undead Story. Cette dernière fera office de prologue. En plein apocalypse zombie,  un couple va tenter de trouver d’autres survivants et un refuge tout en parcourant les rues avec un voyageur inattendu, leur chat. La sortie est prévu pour la période d’Halloween… Enfin, maintenant avec ce qui est en train de se passer, je n’en suis plus certaine… faudrait déjà survivre jusque là !

- Et t’arrivais à t’auto-publier, je voulais te dire que ça demande une sacré dose de courage. C’était dur comme parcours ?

- Merci, le plus compliqué réside dans les démarches administratives, mais le reste n’est qu’une succession de bons moments. Il faut bien évidemment pouvoir s’appuyer sur deux ou trois personnes pour aider à la correction, ce qui est le plus gros morceau, et pas le plus intéressant. Mais pouvoir créer son livre de A à Z est jubilatoire. La recherche et la création de la couverture reste inoubliable ! Quand enfin, le livre sort et qu’on reçoit le premier exemplaire, c’est une belle émotion. Pour le reste, c’est le côté promotion qui prend aussi du temps, car il faut faire connaître son livre tout seul et ça prend un temps fou. Là, encore être bien entouré est vital, sinon on risque de vite perdre confiance. Mais malgré cela je ne reviendrai en arrière pour rien au monde, à moins de pouvoir empêcher cette invasion !

- Et t’arrivais à tenir le rythme avec ton site en plus ?Comme dirais ma chef adorée « Tu es une machine !! »

- Oh, ce n’est pas toujours évident de tenir le rythme, mais l’écriture et mon site sont une vraie passion, j’ai beau prendre du recul par moment j’y reviens toujours bien plus vite que je ne le pensais. Une machine ? Parfois, mon mari me qualifie de telle en se demandant comment je fais pour tout gérer. Je crois que l’horreur coule dans mes veines.

D’un coup, le petit mouvement de foule s’intensifie. Des cris fusent ça et là.  Isabelle semble aussi curieuse que moi. On jette un œil hors de l’allée. Là horreur, stupéfaction et autre nous traversent d’un coup. Le mec est allongé sur une caissière, mais pas pour ce que vous croyez non, mais bien entrain de sortir un bout d’intestins pour s’en délecter version chapelet de saucisses.

Immédiatement Isabelle me tire vers le bras et nous nous mettons à couvert.

Je la regarde, elle me regarde, on se regarde et on se comprend. L’invasion à commencer. Bon on ne l’attendait pas au beau milieu d’un super marché français mais on sent comme une résonance Romérienne là dedans.

Quitte à périr, on va en emmener quelques uns avec nous. Je brandis mon pied de biche et Isabelle se muni d’un marteau. Décidément on était faite pour s’entendre.

- On s’y prend comment ?

- Si je le savais !

- Je propose qu’on choppe deux ou trois trucs et qu’on se fasse la malle en cassant du Z au passage.

- Il faut buter tout ce qui bouge si on veut sortir de là ! Aucun cadeau ! Vite, on remplit nos sacs. Tiens prend l’eau juste sur ta gauche.

On charge le sac avec de l’eau, des conserves, un couteau de bonne taille, deux go girl et deux mooncup. (Bien équipé ce magasin quand même!) Le sac de survie est prêt. Il faut foncer dans le tas.

- Isabelle, tu prends à gauche par le rayon lessive et j’arrive de face pour faire diversion.

- Ok, July fais attention, on se retrouve de l’autre côté. Bonne chance.

Les zombies sont déjà une bonne dizaine. Rien d’insurmontable pour deux femmes surentraînées telles que nous.

Isabelle longe toute tremblante le rayon, les morts ne sont pas loin, elle se retourne brusquement quand un grognement monte derrière elle. Sans réfléchir elle brandit son marteau et frappe de toutes ses forces. Le crâne de son poursuivant explose déversant sa cervelle en bouillie un peu partout. Un second la rejoint au plus vite et subit le même sort. Elle reprend le sens de la marche. Alertés par le bruit les morts foncent droit sur elle.

De mon côté, je m’efforce de dégainer mon pied de biche pour fumer un zomblard qui se jette sur moi!  Isabelle avance maintenant sûre d’elle et je passe par le rayon de derrière pour prendre ceux qui lui bloquent la route à revers. Je trouve sur mon passage un énorme couteau de cuisine. J’arrive et soulève mon glaive de fortune en frappant aussi fort que je peux.

Les zombies sont pris en sandwich !

Avec son marteau, tel Thor, Isabelle se fraie un passage à ma rencontre.  Je coupe encore quelques têtes. L’une d’elle ne se détache pas complétement et je fais face à un macchabée avec la mâchoire pendouillant sur le côté. Passé un spasme de rire très inapproprié, je fini le boulot. En quelques minutes, nous sommes dos à dos, prêtes à en remettre une couche.

Deux femmes en colère ça peut faire mal ! Isabelle use et abuse de son marteau recouvert de sang et frappe tout ce qui bouge.

- July derrière toi !

Isabelle ne me laisse pas le temps de réagir et lance son arme aussi fort qu’elle le peut. Elle heurte la tête du mort qui s’écroule au sol.

-Merci, je t’en doit un (de zombie!)!

Nous nous élançons alors vers la sortie, faisant voler les têtes par dizaine. A nous deux, nous venons presque à bout de ce qui reste de clients. 

Une fois sortie d’affaire, on se doute bien que d’autres vont arriver. Heureusement, Isabelle a une caisse et on monte dedans à l’arrache en n’oubliant pas de rouler sur ce qui nous semble suspect. Quel pilote cette nana ! On souffle un peu et on parle pour essayer d’évacuer la tension.

- Bon ça pue du cul là ! Tu comptes aller où ?

- Je vais tenter de retourner chez moi, mon mari doit y être. Je n’ai que lui alors… J’espère qu’il n’a pas essayé de me rejoindre. Et toi ?

- Moi je dois essayer de rejoindre mes gosses. Ils sont sur un bateau avec leur père, je vais lui dire de ne pas accoster avant d’en savoir plus.

C’est dommage, tu avais une grande carrière devant toi. Si c’est la fin du monde, t’auras peut être moins de lecteur. Tu pourrais faire des bouquins sur les vivants qui buttent des zombies, ça devrait leur faire peur….

- Merci, j’aime à croire que je ne me suis pas démenée pour rien. Ton idée est bien intéressante… il doit bien y en avoir dans le tas qui savent lire…

 

 

 

 

Un immense merci à Isabelle qui a joué le jeu de cette interview un peu spéciale et avec qui s’est un réel plaisir de travailler!

Vous pouvez retrouver tous les délires d’Isabelle Haury sur son site, le lien juste là! Et notons qu’elle est en train de peaufiner son premier roman intitulé Le Monde des Morts.…On a hâte de lire ça!

 

 

 

 

 

 

Auteur

july

Mère de famille nombreuse, experte en technique de combat de rues, maniement du sabre et vannes pourries, se dressant contre la futur menace zombie....parce que sans déconner ça finira bien par nous tomber dessus...hein?!

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9 Commentaires

  1. Superbe article

  2. excellent !!! ^^

    L’apocalypse Z a donc commencé … Visez la tête :o

  3. Merci July pour ce superbe moment et ta gentillesse !

  4. Merci à Isabelle et merci pour vos post! on s’est bien amusées!

  5. C’est vraiment sympa, merci : )

  6. He ben il va loin ton interview déjantée! z’etes sures que ça c’est bien passé comme ça? J’ai des doutes… Bravo Isabelle, je ravis d’apprendre que nous avons quelques points en commun. En tout cas, j’ai beaucoup de respect pour ton parcours.

    • Merci beaucoup c’est très gentil… Tu as des doutes, non, non, tout s’est bien passé comme ça, deux gonzesses contre des zombies normal qu’on gagne non ?

  7. marrant

  8. dommage que vous n’aviez pas pu faire une interview vidéo :)

    merci pour l’info sur l’invasion, les médias ont étouffés cette histoire c’était prévisible …. je cours de ce pas chercher mon fils et ma batte (et au passage un ou deux penthouse ;) )

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