Culture Z Livres Papiers — 22 octobre 2011
Vivants d’Isaac Marion, la critique !

vivants isaac marion

Auteur : Isaac Marion
Genre : Aventure, Amour, Epouvante
Broché : 288 pages
Editeur : Bragelonne (21 octobre 2011)

 

Et oui ! Le tant attendu Vivants est sorti hier dans les bacs ! Et un conseil, s’il y a bien un livre à acheter cette année c’est celui-ci ! Après deux lectures de Vivants, je vous livre mon avis !

 

 

 Synopsis

R a une vie compliquée. Il n’a pas de nom, pas de souvenirs ni de pouls. Mais il rêve. R est un zombie et il est un peu différent.Dans les ruines d’une ville à l’abandon, R rencontre une fille. Elle s’appelle Julie et elle est aux antipodes de ce qu’il connaît. Elle est vivante, palpitante. C’est un jaillissement de couleurs dans un camaïeu de gris. Sans vraiment savoir pourquoi, R choisit de ne pas la tuer. Et c’est le début d’une étrange relation, à la fois tendre et dangereuse. Jamais cela n’était arrivé. R bafoue les règles des Vivants et des Morts et défie la logique, mais il ne peut plus se contenter d’une existence vouée à la mort. Il veut respirer à nouveau, il veut vivre, et Julie va l’aider. Mais leur monde ne se laissera pas transformer sans combattre.

Critique

Honnêtement par où commencer ? Par où commencer lorsqu’on lit un roman si riche et bouleversant ? Un roman avec une approche si différente, qui pose son empreinte dans le monde zombiesque avec une aisance bluffante ? Comment faire une critique à la hauteur d’un tel chef d’œuvre?

Ma critique/chronique fait honneurs et ovations à cet ouvrage, et vous pourrez rapidement vous apercevoir de la médiocrité de mon style, comparé à celui imagé et exceptionnel d’Isaac Marion. Car aujourd’hui, j’ai décidé d’illustrer cet article par des citations. Et illustrer et le terme parfaitement adéquat.

Avant de rentrer dans le nuage compact d’émotions et de sentiments qu’a crée cet ouvrage dans mon cerveau, regardons d’abord côté qualité d’impression. La couverture est simple, épurée, et pourtant elle est frappante, le rouge contrastant fortement avec le blanc. Les pages sont constituées de papier épais, agréable au toucher et de très bonne qualité. Pour enrober le tout, à chaque chapitre nous pouvons découvrir la beauté intérieure du corps humains, avec des coupes anatomiques précises, ce qui ajoute un charme à l’ensemble, s’accordant parfaitement avec certains discours du personnage principal R.

Pour commencer, et faire simple, je dirais (du peu de littérature romantique que je connaisse) que Vivants peu s’assimiler aux œuvres de Marc Levy et de Musso, dans un style d’écriture beaucoup plus imagé et percutant.

Les thématiques de ce livre sont simples, mais poignantes : l’amour, la recherche de l’identité, et la vie. Grâce à ce roman Isaac Marion a su livrer sa vision du monde actuel au travers d’une histoire touchante et poignante. Son roman est une réelle hymne à la vie.

Le livre est scindé en deux parties. La première où l’ont découvre R, un personnage attachant (et oui je parle d’un zombie là), sa vision des choses, et ses réflexions personnelles. La deuxième, qui raconte son aventure avec Julie, avec un trait beaucoup plus “urbain” lorsqu’ils investissent la cité des survivants.

La première partie est une réelle réflexion autour de la recherche de soi. R est un zombie, et il a tout oublié. Il ne se souvient d’ailleurs que de la première lettre de son nom. R n’est personne. Il n’a pas de nom, et n’a pas d’identité, fondu au sein de la masse de ses congénères, anonymes sans visages. R est vide, sans mémoire, sans émotions, sans envies.

“L’équation a été effacée, le tableau noir cassé”

 ”Ces ultimes choix vestimentaires sont le seul indice que nous avons sur l’individu que nous étions avant de ne plus être personne”.

Mais qui est il ?

“Suis-je issu des fondations de mon ancienne vie ou me suis-je levé d’entre les morts avec une ardoise vierge ?”

R essaie donc de comprendre ce qu’il est, et ce qui l’entoure. Quel est son but et sa place dans ce monde dévasté? Et oui, vous l’avez compris, R ne peux pas parler, mais il peut penser.

“Dans ma tête je suis éloquent : je grimpe les échafaudages complexes de mots afin d’atteindre les plafonds des cathédrales les plus hautes et d’y peindre mes pensées. Mais quand j’ouvre la bouche tout s’écroule.”

Même si rien n’a d’importance, et rien ne peut perturber l’ordre des choses, dans ce monde de morts, il existe la vie, les humains, ses proies. C’est avec détails qu’Isaac Marion nous révèle les réactions des zombies face à leurs sources de vie : les humains. Je pourrais dialoguer sur cette thématique pendant des heures, mais la plume d’Isaac Marion bien plus colorée et émotionnelle que la mienne la résume parfaitement :

“Je ne parle pas de l’odeur musquée de la sueur et de la peau, mais de l’effervescence de l’énergie vitale, une senteur ionisée mêlant foudre et lavande [...] Elle nous touche au plus profond, à l’intérieur, près du cerveau, comme du wasabi.”

D’ailleurs nous comprenons très vite la réelle cause de l’engouement des zombies pour les cerveaux. Isaac c’est parfaitement approprié ce “mythe urbain” (comme dirait G. A. Romero) et en fait une source d’inspiration infinie. Non seulement, les morceaux leur “allume la tête comme un tube cathodique”, mais surtout, ils leurs procurent pendant quelques minutes une identité, une mémoire, un vécu… celle de la personne qu’ils dévorent. Ils mangent leurs vies et digèrent leurs âmes.

“J’adore l’étincelle de vie qui jaillit de ses cellules comme le nuage de gouttelettes d’une orange qu’on pèle.” 

Tout au long du livre nous allons pouvoir suivre le combat acharné de R, pour se graver sa propre identité, faire ses propres choix et lutter contre les règles que son état lui dicte de suivre.

“Manger n’a rien d’agréable [...] Ces cris me sont insupportables, parce que je n’aime pas infliger de la souffrance aux autres, mais le monde est ainsi fait. Nous n’avons pas le choix”

“Si je suis une branche qui prospère sur l’Arbre de la Mort, je perdrai mes feuilles. Si je dois mourrir de faim pour tuers ses racines difformes, je le ferai.”

R ne veut plus être vide, invisible dans la masse. Prisonnier de sa condition, il tente de s’en échapper. Il veut se démarquer et tout simplement vivre ! Sa force intérieure, et sa volonté sont puissantes.  R est différent.

“Quelque chose remue en moi, un papillon de nuit faible, prisonnier d’une toile d’araignée, qui lutte pour s’échapper.”

“Je regarde longuement ma main, sa chair gris pâle, froide et raide et je la rêve rose, chaude et souple, capable de guider, de bâtir, de caresser. Je souhaite que mes cellules nécrosées sortent de leur léthargie, qu’elles s’illuminent comme des décorations de Noël jusqu’au plus profond de ma noirceur.”

Au passage, on peut noter une similitude entre R et Wallee, notre robot préféré. Ils sont tous les deux des sentimentaux et gardent les objets qui leurs sont chers. Ils sont particuliers, ils ont ce petit quelque chose en plus qui fait que …

Le parallélisme entre la condition de R, et d’un citoyen classique de notre société moderne est frappante et troublante. Je ne compte plus le nombre de phrases que j’ai noté dans un coin de ma tête et qui à la première lecture m’ont déclenché une “Ouahou”.  Isaac Marion nous livre une critique de la société actuelle, qui me semble pour ma part plus que véridique. Il dénonce la soumission, le manque de réflexion et de prises d’initiatives, l’individualisme, et la stupidité de la masse. Voici les quelques phrases que je désire vous faire partager.

“Une pensée cohérente n’est pas si fréquente par ici, alors quand elle se manifeste tout le monde suit”

“Je lui vole ce qu’il possède pour remplacer ce qu’il me manque” (fait référence au moment où il se nourrit d’un humain)

“Je ne sais pas pourquoi nous ne parlons pas. Je suis incapable d’expliquer le silence étouffant qui plane sur notre monde, nous coupant les uns des autres aussi efficacement que le plexiglas d’un parloir d’une prison”

“leur cerveau les enfermant dans un monde d’habitudes et de rituels qu’ils répéteront [...] Nous leur avons lavé le cerveau”.

Puis R, lors d’une sortie mange le cerveau de Perry. Mais contrairement aux autres, Perry ne disparaît pas au bout de quelques minutes lorsque la dernière trace de sa cervelle est digérée. Il reste dans la tête de R. R absorbe donc tous les souvenirs de Perry. Ils ne font plus qu’un. Perry, le jeune homme qui aimait Julie.

- “Mon âme, ta conscience, ce qui reste de moi, imbriqué dans ce qui reste de toi, empêtrés et unis”

R rencontre Julie et en tombe fatalement amoureux. Julie, un personnage qui apporte une brise de fraîcheur dans ce monde aride et sans avenir. Julie, débordante de vie et d’espoir qui garde en elle une flamme déjà éteinte pour beaucoup. Julie, l’espoir de l’humanité.

“Dans la paume de ma main, je sens l’écho de son pouls, remplaçant l’absence du mien.

Le décor est mis en place. C’est alors que l’histoire, auparavant riche en pensées mais pauvres en actions prend une embardée. La vie de R est bouleversée, son quotidien n’existe plus. Il est avec elle, et plus rien d’autre ne compte à ses yeux. Leur découverte mutuelle est un pur régal pour ceux qui aime les histoires d’amour et d’amitié. Des moments forts en images et émotions vous attendent au tournant de chaque page. J’avoue pour ma part, avoir particulièrement aimé la présentation de chaque rue du camp de survivants. Les descriptions peuvent être nous le savons très ennuyeuse (Tolkien ?!). Pourtant Isaac, encore une fois nous prouve que sa plume lourde de sens, reste légère et rythmée. C’est une conscience collective, fantômes du passé, emplit de remords qui conte les erreurs de la reconstruction de la civilisation humaine avec pour chaque rue une thématique précise. Juste bluffant.

  “De nos idéaux nous n’avons gardé qu’un cadre rigide nous permettant de supporter le monde que nous avons crée”.

C’est alors que de la mort né la vie et de la vie la mort. Progressivement nous sommes projetés dans le passé de Perry, l’humain qui ne voulait plus vivre.

“Je ne veux pas entendre de musique, je ne veux pas que le lever de soleil soit rose. [...] Je me suis battu contre le réveil frappant de manière répétitive le bouton d’arrêt momentané avec un dégoût de moi-même croissant.”.

Nous voyons progressivement Perry sombrer dans la noirceur de la mort, et R s’en extirper.

“Mais non, R. Tu as oublié ? Tu as du sang sur les mains. Sur tes lèvres, sur tes dents. Souris: tu es filmé.”

R le sait, mais il change. Il ressent plus les choses, capte certaines odeurs, et entraperçoit même certains goûts. R aime. Il change, et il n’est pas le seul. D’autres zombies ont commencé leur ascension et se transforment en des moitié-morts, ou presque-vivants. Les voila “pris au piège entre le berceau et la tombe, n’ayant plus notre place ni dans l’un ni dans l’autre“. Les Osseux (race plus ancienne de zombies) ceux qui détiennent le savoir, le pouvoir et  l’expérience haïssent l’amour grandissant de R et Julie. Grigio le général du camp de survivants (père de Julie) n’entend pas raison et veux mettre un terme à la vie de R. Les choses ne peuvent pas changer… ne DOIVENT pas changer ! C’est la toute la subtilité qu’Isaac Marion nous met sous le nez !

L’amour de R et de Julie enclenche un réel bouleversement des choses, une révolution. Et c’est ici que je vais faire une similitude évidente : un jeune couple appartenant à deux familles ancestralement ennemies. R et Julie ne sont pas comme leurs cousins Romeo et Juliette des Montaigu ou des Capulet mais ils souffrent de la même interdiction et sont entre deux mondes.

Conclusion

Je n’irais pas plus loin dans l’histoire et tairais le reste, car cela gâcherais tout simplement le plaisir de découvrir ce livre. Mais voici la conclusion de Isaac, voici notre conclusion en tant que lecteurs à son roman :

“Après tout Zombie c’est juste un mot qu’on a inventé pour décrire un état qu’on ne comprend pas, non ? [...] Une toile vierge. J’ai le pouvoir de décider sur quelle histoire je vais bâtir mon avenir et je préfère repartir de zér0. [...] Je veux vivre ma vie pleinement et je veux une vie sans parachute.”

Isaac mélange savamment romance, action, philosophie et réflexion en remaniant le genre Z et le conte de Roméo et Juliette. Son style est stupéfiant : des expressions très fortes et visuelles, un humour omniprésent, et des émotions à chaque ligne. Décidément que dire ? Il m’a totalement séduite. J’ai très peu voulu mettre de 10 / 10 dans ma passion zombiesque. Même dans ma vie tout court. Pourtant je brûle de le faire aujourd’hui. Mais comme me disais mon professeur de français au collège : “Le 10/10 en rédaction n’existe pas”. C’est pourquoi je lui met un 9/10 !

Lisez le et relisez le ! C’est incontestablement un best-seller qui mérite un succès international et une adaptation cinématographique digne de ce nom ! J’espère de tout cœur qu’il touchera le public français !

Si je voulais résumé l’œuvre d’Isaac Marion, en citant cinq de ces mots, je prendrais cette phrase, qui illustre le moment ou Julie trinque avec R et qui clôturera parfaitement mon article  :  “A la vie, monsieur Zombie.”

note9

 

 

Auteur

Admin

.................................... Fondatrice de Zombies World .................................. Armes préférées : la tronçonneuse qui tâche et la cuvette des toilettes !

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3 Commentaires

  1. Pas de commentaire sur se Super livre?

    Je m’escuse pour mon retard, je viens de découvrir se site et je farfouille dans les archives =) et la je tombe sur “Vivants”, le livre qui ma sauvé la vie (lol).
    J’explique, je suis accro a tous se qui est zombies, films, livres, BD, statuettes (que je réalise moi meme en argile =p),…
    Et comme presque tous les Mecs je pense (j’espère ^^) j’ai une copine qui n’est pas fan du genre =(… (tuez-laaaa)
    Mais grâce a CE livre!!! Tous a changé!!! Et oui les gars, c’est un livre de zombie mais avec une histoire d’amourrrrr. Je l’ai fait lire a ma copine et elle a adoréééé et lui a ouvert les yeux sur mon monde.
    Donc je sait que le 10/10 n’existe pas mais bon je lui donne 9.99/10 alors =D

    Donc ceux qui ne l’on pas encore lu foncé et si vous avez le même problème que moi refilé le a votre copine sa lui ouvrira peut être les yeux aussi :smile:

  2. j’ai vu les bandes annonces du film et j’ai adoré alors j’ai voulu savoir si il y avait un livre:) il a l’air vraiment incroyable je vais tout de suite me l’acheter , et merci pour ta critique ca donne vraiment envie de le lire

    • Merci du compliment. J’ai vraiment adoré le livre. Un peu refroidie par le film par contre… Mais quand on lit l’oeuvre on est en général pas en pahse avec l’adaptation à l’écran ! Bonne lecture à toi !

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