Films Vidéos — 28 décembre 2011
Zombie (Dawn of the Dead) : la critique !

Réalisateur, Scénariste et Monteur : George Romero

Sorties :  USA en 1978France en 1983
Durée : 1h 53 (version européenne)
Chef opérateur : Mickael Gornick
Effets spéciaux et maquillage : Tom Savini
Producteurs : Richard Rubinstein, Claudio et Dario Argento
Musique : Goblin (version européenne)
Acteurs : David Emge : Stephen, Ken Foree: Peter, Scott H. Reiniger: Roger, Gaylen Ross: Francine sans oublier le centre commercial: lui-même, sous tous les angles.

 

À noter que Tom Savini, le spécialiste des effets spéciaux de maquillage, joue un des méchants pillards à moustache (ci-contre).

 

 

L’histoire

Le film commence sur un plateau de télévision : une émission dans laquelle un invité (qui représente les autorités) et le présentateur débattent de la situation critique depuis que les morts se relèvent. C’est l’agitation générale, le doute et la peur s’emparent des esprits et l’invité se fait fermement chahuter en direct. Il tente de rétablir le silence, voudrait qu’on le prenne au sérieux : une loi martiale va être mise en place et les gens seront sommés de rester chez eux. Le fait est là : les morts se relèvent et viennent manger les vivants… Séquence suivante, une unité de police fait une descente dans un immeuble défendu par ses habitants. Échange de tirs, insultes racistes, violence physique : on présente là les forces de l’ordre qui veulent détruire les corps des occupants morts, cachés par les survivants, dans le sous-sol du bâtiment. On découvrira les corps agités de soubresauts de ces morts transformés en zombie. Le nettoyage et le carnage commencent.

Dans ces deux premières séquences, le spectateur découvre les quatre personnages principaux (Francine et Stephen qui travaillent à la télévision, Roger et Peter, deux policiers) qui vont s’enfuir ensemble en hélicoptère pour trouver un endroit tranquille. Tous les 4 s’installeront dans un centre commercial pour tenter de survivre. Mais les morts rôdent autour et sont attirés par la chair fraiche. Les zombies vont investir le centre commercial. Les 4 personnages principaux vont devoir lutter contre eux pour survivre, puis contre une bande de pillards.

Les joies de la consommation de masse

Le centre commercial représente le décor majoritaire. On dit souvent que Zombie est une critique de la société de consommation car les zombies sont présentés comme des automates qui reviennent dans ce lieu, par réflexe, pour imiter des gestes qu’ils faisaient de leur vivant, et parce qu’ils ont gardé là des souvenirs forts. De fait, le centre commercial est un lieu important dans la vie quotidienne de beaucoup de monde et il devient surtout un espace intéressant à filmer : parkings gigantesques, longues allées, grands volumes, grandes ouvertures vitrées, escaliers mécaniques, et puis les espaces non publics dans lesquels les personnages vont se retrancher : pièces de bureaux et remises, couloirs de service, gaines d’aération. Un décor impressionnant dans lequel l’équipe de tournage filmait la nuit pendant les horaires de fermeture du centre. Cet espace va devenir un huis-clos à protéger, pour se défendre contre les zombies : les personnages se retranchent dans des espaces de service, des recoins, presque étouffants. Ces espaces et cet équilibre chèrement gagnés sont subitement menacés par l’arrivée de pillards. Stephen, rendu fou de colère par cette entrée sans nuance, voudra défendre son espace de survie comme un propriétaire défendrait son domaine : dans ce lieu de consommation et de possession, il est devenu lui-même hanté par le désir de posséder.

La question de la consommation est bien au cœur du film, mais elle est traitée différemment avec les personnages principaux et les pillards : les premiers forcent l’entrée des magasins pour prendre des produits dont ils ont besoin, pour survivre et s’organiser, tandis que les seconds entrent avec fracas, brisent tout, saccagent avec férocité et se chargent les bras de n’importe quoi, dans une attitude compulsive. Le centre commercial qui regorge de produits est le symbole de la tentation et le révélateur des comportements humains. On aura alors trois catégories de personnages aux prises avec la question de la consommation : les zombies qui reviennent là par réflexe, les 4 personnages principaux qui consomment sans outrance ce qui est nécessaire à leur survie, et la bande de pillards hystériques qui débarquent tels des envahisseurs. 

 

Les deux versions du film

Il existe sur le marché deux versions principales du film : la version américaine montée par Romero lui-même et une version européenne montée par Dario Argento. Le montage de Dario Argento, dans la version européenne, est plus court de 15 minutes : le film est plus saccadé, plus elliptique, va plus chercher l’émotion du spectateur, avec une façon plus crue de montrer la violence avec ce rythme plus nerveux et des plans qui s’enchaînent souvent plus vite. Ce montage élimine des plans larges de présentation et de mise en situation qui gênaient Argento, et il privilégie les plans plus rapprochés. Autre particularité forte: la musique des Goblins, électrique et synthétique, alors que Romero dans son montage fait des choix de musique plus classiques. Au final, le montage de Dario Argento est plus découpé, plus nerveux, plus rythmé, mais aussi plus gênant pour l’époque, les spectateurs n’ayant pas en 1978 l’habitude des montages saccadés.

Mais les deux films ne changent pas fondamentalement : même si les deux montages changent du coup un peu notre vision des personnages et de leur psychologie (surtout dans la relation de couple entre Stephen et Francine) les deux films racontent la même histoire. Le montage de George Romero travaille plus sur le fond du film tandis que celui de Dario Argento met plus en avant la forme, alors jugée plus moderne – et c’est probablement pour cela que les critiques ont généralement préféré la version européenne.

Zombie se révèle donc un film nerveux, très rythmé, aux effets spéciaux absolument fous pour l’époque, un film d’horreur intelligent, critique, subversif et jouissif, dans lequel l’humanité en danger se trouve confrontée à sa propre violence, à la fois salutaire et perturbante, tandis que les autorités se questionnent sans trouver de réponse pour assurer l’avenir.

Bref un véritable bonheur absolu et indémodable.

 

 

 Bande annonce

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note9

Auteur

salut à tous je suis enseignant, j'ai 42 ans - marié, 2 enfants passionné de films fantastiques et d'horreur depuis que j'ai vu Shining qui a agi comme un révélateur puis la série des Freddy, puis les Romero, Argento... par ailleurs passionné de peinture (cf mon site)

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3 Commentaires

  1. C LA BASE DES FILMS de Rodeurs looool !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
    Rien à dire, je pense que je suis loin d’être le seul à avoir cette opinion, je me trompe les amis ?????

    • Ca c’est du cultissime, une musique inoubliable, des zombies qui arrachent la bidoche des vivants et des bruitages d’anthologie, 2 heures de bonheur.

  2. Hier soir, je me suis fait une soirée Romero avec ses trois premiers films. Et… ben j’ai ri. Je les avais vus gamine, et effectivement je trouve qu’ils ont mal vieilli. Mais comme tout fan de zombie, je me devais de les avoir dans ma vidéothèque.

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