Actu Survie News Origines Survie — 16 novembre 2012
Le Zombie et la science, interview

Pour commencer ce dossier sur le zombie et la science, j’ai réalisé une interview du docteur B. médecin généraliste et professeur en  Faculté de Médecine. Même si parfois le sujet est traité avec humour, certains fait sont réels et vraiment troublants (encore plus que sur D8)…

Le docteur Schnabel, médecin des pestiférés à Rome, gravure allemande du XVIIe siècle (SIPA).

MatBonjour Docteur, d’un point de vue médical et scientifique, le zombie existe-t-il ?

Le zombie existe d’un point de vue médical et scientifique. Nombre de patients sont déjà revenus à la vie après avoir été déclarés morts par un médecin qui avait signé leur certificat de décès. À chaque fois on considère que c’est le médecin qui s’est trompé mais cela arrive trop souvent pour que ce soit systématiquement une erreur du praticien. Il y a des zombies parmi nous mais nous n’en avons pas conscience. 

Mat — Au cinéma et dans la littérature, le zombie est dénué de conscience et d’humanité. Vous pensez donc qu’il existerait un degré de zombification entre le vivant et le zombie putréfié ?

Oui, plusieurs cas de comportement de cannibalismes ont été décrits aux États-Unis se propageant comme une épidémie, ces personnes étant insensibles à la douleur lors des interventions policières. L’un d’eux s’est ouvert le ventre et a lancé ses intestins au visage des agents de police.

Mat — Vous parlez des faits divers du printemps dernier en Floride mais rien ne prouve que ce sont des zombies ! Plus sérieusement, dans la médecine, a-t-on déjà constaté une maladie ou des symptômes proches du comportement d’un zombie traditionnel : perte de conscience, cannibalisme, insensibilité psychologique et physique ?

Une hypothèse  scientifique crédible met en évidence l’existence d’un virus transformant les êtres humains en morts-vivants mangeurs de chair humaine, rendant possible l’apparition d’une épidémie de zombification. En 2010, une scientifique américaine a réussi à isoler un virus zombie et à le multiplier en laboratoire. Une infection par ce virus entraînerait une dégénérescence progressive des cellules de la peau par modification de leur métabolisme. D’un point de vue neurologique, les neurones infectés par ce virus enverraient des stimuli au niveau des centres neuronaux modifiant le comportement des gens infectés induisant le cannibalisme et la faim insatiable. Les zones motrices du cerveau plus sensibles au virus subiraient des destructions, ce qui expliquerait la marche caractéristique des zombies.
Et en 2011, des chercheurs ont découvert un organisme mycotique (champignon) capable de prendre le contrôle de mammifères et provoquant des comportement similaires aux zombies avec insensibilité à la douleur et attaques de ses congénères pour les dévorer… Et si le virus se couplait à l’organisme mycotique, le processus de transformation serait-il plus rapide ?

Mat — Peut-on envisager dans un futur plus ou moins proche une maladie fortement infectieuse, un médicament ou une drogue qui causerait un comportement similaire à celui des zombies (comme une sorte de rage) ? En clair, est-ce que la réalité peut rejoindre la fiction?

Il existe donc plusieurs scénarii envisagés par les scientifiques d’une prolifération rapide du virus avec apparition d’une pandémie mondiale de “zombification”. Un vaccin serait en cours de préparation mais sera-t-il prêt à temps ?

Mat — Vous semblez prendre le sujet avec humour, mais il existe bel et bien une bactérie mangeuse de chair, la fasciite nécrosante. Cette dernière pourrait expliquer l’état physique du zombie ?

Effectivement, il existe une bactérie mangeuse de chair provoquant la fasciite nécrosante (infection rapide et progressive du tissu sous-cutané avec destruction tissulaire) qui est dûe au staphylocoque pyogène. Cette affection correspond au processus initial de «zombification».

Mat — Merci docteur d’avoir répondu à toutes ces questions.

 

Précisions sur la fasciite…

Nous allons essayer d’expliquer les caractéristiques de la bactérie fasciite. Docteur B. a rassemblé pour vous une série de notes et d’articles autour du sujet pour mieux comprendre cette bactérie.

Fasciite nécrosante

 

La transmission par des gouttelettes respiratoires, par contact des mains avec des écoulements nasaux et par contact cutané avec des lésions d’impétigo sont les principaux modes de transmission. L’agent pathogène peut être détecté à l’état latent dans l’anus, le vagin, la peau et le pharynx ; tout contact avec ces structures anatomiques peut propager l’infection.

La bactérie peut être transmise aux bovins, puis aux humains par le lait cru, bien que les bovins ne contractent pas la maladie. Elle peut aussi être transmise par des sources alimentaires contaminées (salade, lait et œuf). La fasciite nécrosante survient habituellement après la contamination de lésions cutanées ou de plaies par l’agent infectieux. La bactérie peut demeurer dans l’organisme à l’état latent (c’est-à-dire sans provoquer l’infection chez l’hôte) pendant des semaines ou des mois ; elle est toutefois transmissible lorsqu’elle se trouve à l’état latent. La bactérie peut survivre sur les surfaces sèches de 3 jours à 6,5 mois. On a découvert qu’elle peut survivre dans la crème glacée (18 jours), dans le lait cru et le lait pasteurisé à une température de 15 à 37 °C (96 heures), dans le beurre à température ambiante (48 heures) et dans le beurre neutralisé (12 à 17 jours)

Actuellement il n’existe aucun vaccin mais les recherches sont en cours notamment au Canada comme le montre le rapport annuel de 2010 de surveillance en laboratoire de streptococcus pneumoniae et de streptococcus pyogenes. (http://www.santepublique.gc.ca/)

La suite est bien plus inquiétante…

Évolution et origine possible du phénomène : Au Canada, il y a une quinzaine d’années, personne ne connaissait la bactérie “mangeuse de chair” responsable de la fasciite nécrosante [ou syndrome de Meleney]. C’était avant que Lucien Bouchard, l’ancien leader du Bloc québécois, perde sa jambe, en 1994, et manque de mourir de cette maladie, que les médias avaient alors qualifiée d’“extrêmement rare”. C’était vrai à l’époque. Mais cette infection est devenue beaucoup plus fréquente. Alors que 40 cas ont été recensés dans le monde en 1994, entre 90 et 200 sont aujourd’hui répertoriés chaque année pour le seul Canada. Cette prolifération soudaine serait en grande partie causée par la viande issue des élevages industriels. La bactérie mangeuse de chair produit des toxines qui détruisent les tissus. L’infection se répand rapidement dans le sang et en raison de sa grande toxicité l’évolution de la maladie est fulgurante. 

Des nids à bactéries
Au départ, la plupart des cas de fasciite nécrosante sont apparus chez des patients dont le système immunitaire avait été affaibli à la suite d’une infection à streptocoque contractée à l’hôpital. Depuis 2001, pourtant, les hôpitaux rapportent de plus en plus de cas en rapport avec le staphylocoque doré résistant à la méticilline (Sarm), une bactérie capable de résister aux traitements antibiotiques classiques.

Une étude publiée en mars 2010 par les chercheurs du Programme de surveillance canadien des maladies nosocomiales indique que le nombre de patients contaminés ou colonisés par le Sarm dans les hôpitaux canadiens a été multiplié par 17 entre 1995 et 2007. Et, aujourd’hui, aux États-Unis, plus de 18 000 personnes meurent d’infections à staphylocoque chaque année, presque autant que du sida. Les chercheurs ont réparti les souches de bactéries résistantes aux antibiotiques en deux catégories : les souches communautaires et les souches hospitalières. Comme le suggère leur nom, les souches hospitalières sont présentes dans les établissements de soins, tandis que les autres sont présentes dans l’environnement. Les souches communautaires sont généralement plus virulentes, plus dangereuses. Et, jusqu’à une période récente, elles étaient rares : en 1995, les infections liées à des souches communautaires représentaient seulement 6 % des cas rapportés au Canada, mais atteint 23 % en 2007. Aujourd’hui, selon de récentes estimations, ce chiffre pourrait avoisiner 40 %. 

Les professionnels de la santé, les législateurs et les chercheurs, très inquiets de cette nouvelle tendance, cherchent à identifier l’origine de cette prolifération. Et de récentes recherches accusent les élevages industriels, les grandes “usines à viande” qui ont remplacé les petites exploitations familiales en Amérique du Nord. 

Quand Alexander Fleming a reçu le prix Nobel, en 1945, pour la découverte de la pénicilline, le premier antibiotique, il avait remarqué qu’il était facile de créer des microbes qui y résistent : il suffit de les exposer à des doses non létales. Or c’est ce qui se passe dans les usines à viande avec l’administration quotidienne de faibles doses. Les vaches, les cochons, les poulets et autres animaux d’élevage consomment environ 70 % des antibiotiques produits aux États-Unis – soit environ 12 000 tonnes par an. Les statistiques canadiennes ne sont pas connues, mais elles doivent être semblables puisque les pratiques agricoles sont ici quasiment les mêmes. L’administration d’antibiotiques n’est pas destinée à traiter les maladies mais à les prévenir [ces médicaments sont aussi utilisés comme compléments alimentaires : ce sont des facteurs de croissance qui augmentent le rendement des élevages en permettant une meilleure prise de poids]. Grâce à ce traitement, les élevages surpeuplés et répugnants échappent aux épidémies et aux pertes, et deviennent la norme.

Les preuves s’accumulent :
Au Canada, le lien entre résistance des bactéries et élevages industriels a pourtant été mis en lumière en 2007 dans une étude publiée par la revue Veterinary Microbiology. Selon cet article, 45 % des élevages porcins de l’Ontario étaient contaminés par le Sarm, ainsi qu’un quart des porcs. Les preuves contre l’agriculture intensive se sont accumulées depuis. Une autre étude réalisée peu après celle de Veterinary Microbiology a montré que les éleveurs de porc aux Pays-Bas étaient 760 fois plus susceptibles d’être porteurs du Sarm que le reste de la population et, selon un article de Scientific American, ce staphylocoque était présent dans 12 % de la viande de porc proposée dans les supermarchés néerlandais. En 2007 également, une étude des Centers for Disease Control and Prevention [agence gouvernementale américaine de santé publique] avait montré qu’une souche de Sarm originaire d’un seul élevage animal pouvait être responsable de 20 % des cas de Sarm aux Pays-Bas. Cette multiplication des bactéries résistantes est loin de se cantonner au staphylocoque doré et à la production porcine. L’utilisation préventive des antibiotiques pour la production de viande, de lait, d’œufs et de volailles fait que les bactéries sont de plus en plus résistantes aux antibiotiques.  

Une crise mondiale :
Il y a six ans, un rapport de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pointait le lien entre la consommation non humaine d’antibiotiques et la résistance des bactéries. Ce rapport n’hésitait pas à parler d’une “crise qui menace le monde entier et risque de nous priver de la possibilité de traiter de nombreuses maladies infectieuses”. L’OMS recommandait par conséquent aux gouvernements d’interdire l’administration d’antibiotiques à visée non thérapeutique dans l’agriculture. C’est chose faite depuis 2006 dans l’Union européenne. Mais, au Canada, ce genre d’interdiction n’est pas à l’ordre du jour. Au contraire ! En 2009, le gouvernement fédéral a démantelé la Commission canadienne sur la résistance aux antibiotiques et a refusé, malgré les pressions des professionnels de la santé et des scientifiques, de mettre en place un centre canadien sur la résistance antimicrobienne.  

 Sans oublier l’aspect comportemental et psychologique…

Un phénomène inquiétant :
Des études récentes ont mis en évidence une synergie d’action entre la bactérie et certains virus pouvant entraîner des troubles comportementaux: Notamment avec le virus de la varicelle et du zona qui sous l’action de médicaments anti-inflammatoires déclenche une fasciite nécrosante avec encéphalites, méningites ou abcès cérébraux. 

Lorsqu’une pathologie neurologique s’installe dans ce contexte on observe chez les sujets infectés des troubles du comportement de type schizophrénique pouvant expliquer les faits ci-dessous : le 26 mai 2012 à Miami, où un homme a été retrouvé nu, dévorant le visage de sa victime. Lorsque des passants ont tenté de s’interposer, la créature se serait contentée de se retourner et de pousser des grognements. Puis, un autre foyer a été signalé au Texas, où une mère est accusée d’avoir tué son bébé avant de manger son cerveau. L’épidémie s’est ensuite propagée au Maryland, où un étudiant a avoué avoir tué un homme afin de lui dévorer le cœur et une partie du cerveau. Enfin, dans le New Jersey, un homme a été maîtrisé par la police, après s’être poignardé une cinquantaine de fois et avoir lancé ses propres intestins au visage des agents. Selon certains témoins, il avait un comportement et une démarche étranges, semblables à ceux d’un zombie. Depuis l’affaire de Miami, les cas de morts-vivants affluent.

Ce dossier se poursuivra par une approche plus fictionnelle de la science dans la culture zombie. En attendant, n’hésitez pas à commenter…

sources 
http://www.phac-aspc.gc.ca/lab-bio/res/psds-ftss/strep-pyogenes-fra.php
http://www.courrierinternational.com/article/2011/02/17/et-maintenant-le-steak-qui-tue

 

Auteur

Rôle : Ancien responsable Section Survie http://nopanic.fr/

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15 Commentaires

  1. Sincèrement, je ne sais pas quoi pensé. Je suis heureux mais un peu effrayé, Heureux d’apprendre que des zombies infectieux (L’armée des morts) peuvent exister dû à un virus, un champignon (qui me fais penser au parasite de la série halo) ou simplement à une bactérie créant un complot inter espèce avec un virus. Et Effrayé par la prise de conscience que le danger est un peu trop prêt à mon gout.

    Alors maintenant je me pose la question suivante, si on se base sur deux fait. Si les deux cas de cannibalisme sont authentiquement zombie, es ce qu’il faut se demander si ils savent courir ou que leurs ventre peuvent éclater vue la consommation de chaire insatiable ?
    Je doute fortement pour le troisième fait qu’un zombie balance ces intestins sur des agents de police pour les distraire… (pour moi c’est de la folie pur !)

  2. Juste pour rectifier la Fasciite nécrosante est causée par Steptoccocus pyogenes (Une de mes bactéries préférées avec Mycobacterium ulcerans :) ) et non Staphyloccocus pyogenes. Sinon super article ça m’a bien fait marré surtout si un vrai doc a joué le jeu.

    • Merci!
      oui c’est un vrai doc qui a répondu!!!! :D
      il passera p-ê commenter

      • En cas d’apo, c’est toujours sympa d’être bien avec un vrai docteur :D

    • Bonsoir,
      Si vous lisez attentivement l’article, c’est effectivement la bactérie streptococcus pyogenes. qui est citée comme responsable de la fasciite nécrosante. Consultez le site de santé publique du Canada et vous verrez que tout cela n’est que pure vérité.

  3. Hé bah…c’est la classe :D

  4. Je sais pas pourquoi, mais je pense faire le stock de produit hyroalcoolique, moi… Et si c’était ça, LA solution ?

    • La solution hydroalcoolique sera inefficace, la bactérie est partout même au niveau vaginal. Essayez la solution hydroalcoolique à cet endroit là vous verrez l’effet que cela produit…

  5. Pingback: Non, nous ne sommes pas survivalistes

  6. “Une hypothèse scientifique crédible met en évidence l’existence d’un virus transformant les êtres humains en morts-vivants mangeurs de chair humaine, rendant possible l’apparition d’une épidémie de zombification. En 2010, une scientifique américaine a réussi à isoler un virus zombie et à le multiplier en laboratoire. Une infection par ce virus entraînerait une dégénérescence progressive des cellules de la peau par modification de leur métabolisme. D’un point de vue neurologique, les neurones infectés par ce virus enverraient des stimuli au niveau des centres neuronaux modifiant le comportement des gens infectés induisant le cannibalisme et la faim insatiable. Les zones motrices du cerveau plus sensibles au virus subiraient des destructions, ce qui expliquerait la marche caractéristique des zombies.”
    Mouais j’y crois tout de même pas :)

  7. Easy.. Combiner le virus de la rage + celui de la grippe le bonhome perd connaissance à cause de la douleur atroce puis il se réveille et il est complètement tarer il mort tous le monde et l’épidémie se propage à une vitesse phénoménal ! Pas besoins d’aller chercher bien loin.. en plus le fait qu’il s’évanouisse fait comme si il était mort. Voila le mystère résolu !

  8. Ouahhh, Moi je dit juste si un jour il y a une apocalypse de zombie on est tous fichu :/ Surtout que sa me fait trop flipper…

    • Si sa arrive ,moi je cherche pas à survivre.

  9. Il faut considérer sa comme quelque chose de sérieux , pour pas mal de scientifiques , c’est envisageable , il faut se préparer car sa finira bien par arriver ses sûre.

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