Culture Z Livres Papiers — 20 novembre 2012
Zombies contre Licornes

Auteurs : Justine Larbalestier et Holly Black

Édition : Fleuve Noir

Collection : Territoires

Nombre de pages : 384

Date de parution : 3 Novembre 2011

Prix conseillé : 16,90€

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Synopsis

Il s’agit d’un recueil de douze nouvelles.

Le recueil est divisé de la manière suivante : Holly Black défend les licornes et Justine Larbalestier est pour les zombies. Les deux femmes vont s’affronter à coups de nouvelles diverses et variées pour essayer de convaincre l’autre de l’intelligence, la beauté, l’intérêt de ces êtres fantastiques.

Garth Nix – La plus haute justice : La première nouvelle accueille en son sein d’une certaine façon zombie et licorne même si évidemment comme il s’agit d’une nouvelle sur les licornes, l’animal est plus mis en avant. Il s’agit d’une histoire d’amour avec une licorne qui a pour rôle de rétablir la justice. Comment va se passer la rencontre entre le roi et la reine ? Qui est le méchant de l’histoire ? Est-ce que les licornes sont toujours des êtres mignons qui font le bien ?

Alaya Dawn Johnson - Love will tear us apart : Il s’agit d’une histoire d’amour entre un humain et un zombie. La particularité de cette nouvelle est qu’il  y a peu de zombies car le virus est particulier. Particulier comment ? Surprise !

Naomi NovikTest de pureté : Une adolescente, Alison, ainsi qu’une licorne, partent à la recherche de bébés licornes kidnappés par un magicien diabolique. Vous découvrirez pourquoi ils ont été enlevés et vous verrez s’ils seront sauvés… Ou pas. Et oui les histoires ne se finissent peut-être pas toujours bien.

Carrie Ryan - Bougainvillées : Iza a 15 ans et vit sur une île avec son père pour se protéger de l’invasion des zombies. Malgré toutes les précautions de son père, les zombies finissent par les envahir. Le récit raconte comment les survivants vont s’en sortir et comment les mort-vivants ont réussi à s’engouffrer dans l’île. À vos hachettes et vos couteaux, soyez prêts à découper des zombies dans tous les sens.

Margo Lanagan – Un millier de fleurs : Il était une fois, l’histoire d’un héros ivre qui devait aller se soulager dans la forêt à cause de la trop grande quantité de bière absorbée pendant la soirée. La licorne aperçue parmi ses arbres, est-ce une vision d’un homme saoul ou est-ce réel ? Va-t-il véritablement être témoin d’événements extraordinaires ou sont-ce des rêves trop alcoolisés ? Entre Rêve et Réalité, il va falloir choisir.

Maureen Johnson - Les enfants de la Révolution : Il s’agit d’une vision originale et touchante qui prouve qu’il faut toujours se méfier des apparences et que les stars sont vraiment des gens bizarres, avec des envies hors du commun. Une jeune femme va devoir garder les enfants d’une célébrité mais ce baby-sitting va tourner au cauchemar.

Diana PeterfreundPrendre soin de son bébé licorne (tueuse) : Une nouvelle qui s’inscrit comme un guide pour réussir à élever son bébé licorne de compagnie. Que faut-il lui donner à manger ? Comment faut-il s’en occuper ? Quels sont ses besoins ? etc. À travers ce guide de la parfaite nourrice, se cache une histoire touchante sur la vision maléfique des licornes. En effet, nous ne lisons pas un récit qui prône le cocooning pour bébé fantastique mais au contraire l’héroïne va devoir combattre ses peurs et les apriori pour élever ce bébé que tant de gens veulent tuer. La question est : pourquoi les licornes sont tant craintes ?

Scott Westerfeld - Inoculata : De nouveau nous retrouvons une histoire d’amour qui conduira un des survivants à se transformer en zombie. Nous sommes en pleine apocalypse zombie et le petit groupe lutte tant bien que mal pour survivre. Une découverte incroyable va bouleverser l’organisation du groupe qui va progressivement se scinder et éclater. Toute la question est : quelle est cette découverte qui va peut-être pouvoir stopper l’infection… ou pas ? À vous de survivre pour connaître la vérité.

Meg Cabot - Princesse Petite-Culotte : C’est le seul moment où vous pourrez trouver une licorne qui fait des pets arc-en-ciel et qui possède un nom cul-cul qui fera sourire. L’image stéréotypée du cheval à corne apparaît au grand jour, cependant un élément en plus permet de pimenter un peu ce monde rose et idyllique pour le tinter de noirceur.

Cassandra ClareLes mains froides : Encore une fois, une histoire d’amour est au centre. Cette fois-ci elle se fonde sur des manigances du plus riche Duc du Comté. Va-t-il pouvoir mettre tous ses plans à exécution ? Est-il si machiavélique qu’il n’y paraît ?

Kathleen DueyLa troisième vierge : Une nouvelle à vous glacer le sang. La licorne n’est plus un animal gentil et mignon, elle devient une bête féroce et méchante assoiffée de sang. Elle est plus crainte qu’appréciée. Méfiez-vous des apparences ou sinon vous allez mourir.

Libba BrayDernier Bal : Le récit qui clôt le livre. Tous les adultes ont été touchés par le virus zombiesque. Les enfants sont obligés de réorganiser leur vie pour vivre. Ils deviennent de petits adultes qui ont des fonctions de grands comme par exemple policier, barman etc. Est-ce que cette nouvelle vie va réussir à survivre ? Va-t-il y avoir des tensions ?

 

Il y a donc des nouvelles très variées qui tenteront de vous faire pencher pour l’un ou pour l’autre des camps ? Ête- vous zombies ou licornes ?

Zombies vs. Unicorns, l’édition originale américaine

 

 Avis

Le roman s’ouvre sur une préface qui annonce un projet ambitieux, intéressant et humoristique. La préface adopte un ton léger et amusant comme l’annoncent ces premières phrases : « Depuis la nuit des temps, une question éclipse toutes les autres : zombies ou licornes ? Bon, peut-être pas depuis la nuit des temps, mais au moins depuis février 2007. » Un combat verbal va affronter les deux groupes pour savoir quels personnages entre les zombies et les licornes vont remporter le concours des plus populaires ?

Ce débat est ingénieux car il permet de faire un lien entre toutes les nouvelles ; il y a un fil directeur qui sous-tend les différentes histoires. C’est agréable car elles ne sont pas empilées les unes sur les autres sans raison. De plus avant chaque récit, il y a un petit débat qui permet de remettre de l’huile sur le feu et c’est fort sympathique car cela donne envie de se battre pour l’un des deux camps. Pour enrichir leur idée, il y a un repère symbolique avec les deux logos licorne et zombie. Cette idée apporte encore un plus car elle permet de repérer rapidement à quel clan appartiennent les nouvelles. Il est donc possible de ne lire que les récits concernant notre archétype préféré. C’est une position néanmoins dommageable car elle fait perdre du charme au débat, mais rien ne l’en empêche.

On pourra regretter qu’il n’y ait pas d’écho à la préface en conclusion. Nous aurions aimé une fin au combat alors que là il se termine en queue de poisson avec la dernière nouvelle zombie. Une dernière rixe finale aurait été la bienvenue.

 Maintenant quant est-il du contenu ? Est-il à la hauteur des prétentions de la préface ?

Il y a de bons points. Pour les deux groupes, il y a un récapitulatif des origines et des grandes lignes caractéristiques des deux créatures, ce qui est intéressant et instructif. De plus chacun des deux groupes donnent un exemplier varié des différents types de licornes et de zombies. Nous pourrons donc constater en tant qu’amateurs de zombies que les licornes ne sont pas que des peluches douces, roses et mignonnes avec une corne pailletée que l’on gagne à la foire. Non, elles peuvent être particulièrement cruelles et dévorer les gens sans scrupules. Elles sont aussi dangereuses et craintes, voire même traquées. À l’inverse, les zombies sont montrés sous plusieurs facettes. Eh oui ils peuvent être assoiffés de sang mais ils peuvent aussi être dotés d’une conscience et tomber amoureux. C’est un bon résumé des différentes possibilités pour les deux espèces fantastiques. Cela permet d’ouvrir l’esprit de tous les lecteurs qui pourront voir évoluer leur personnage favori dans des espaces qu’ils n’ont pas l’habitude de côtoyer.  

Mais ce qui apparaît comme une qualité est aussi un défaut car de ce fait les zombies sont un peu trop édulcorés. Ils manquent un peu de rage et de fougue à certains moments, on pourrait presque regretter le manque de morsures et d’effusions de sang. Ils apparaissent trop comme des êtres gentils capables d’aimer, d’avoir des sentiments, ce qui met en second plan leur aspect dangereux et méchant, c’est dommage. De la même façon, les licornes passent pour des animaux méchants qui sont craints des humains et on oublie leur côté mignon, rose et gentil. Les rôles sont inversés, ce qui est un peu déroutant.

En ce qui concerne le contenu des nouvelles, c’est très inégal. Il y a de bonnes choses, des récits prenants mais étonnamment les histoires sur les licornes sont très souvent meilleures que celles sur les zombies. C’est un constat difficile car je ne suis pas fan de ces animaux à corne mais il faut admettre la vérité quand elle s’impose. Les zombies sont assez mal mis en avant la plupart du temps. Ils ne sont pas convaincants, on a du mal à croire aux histoires et à rentrer dans les différentes fictions car les zombies ne sont pas assez menaçants.  Ce n’est que mauvais car cela permet de montrer que l’on peut aimer les zombies et que ces créatures ne sont pas toujours violentes et sanglantes mais ici le contraire est trop exagéré.

Parfois, il y a du langage verlan et « jeune » qui est maladroit car ce n’est pas utile, ça n’apporte rien au récit.

On peut donc retenir qu’il y a de bons récits mais que ce n’est pas le cas de tous, soit à cause du thème, soit à cause de la langue qui parfois est vraiment trop légère. La ligne directrice et les débats internes permettent de garder l’attention du lecteur et de lui faire oublier les nouvelles les moins prenantes.

 

 

En bref

Une bonne idée, qui tient la route la plupart du temps malgré un décalage trop important qui sépare les récits et les clichés sur les zombies et les licornes. Cette distance empêche d’adhérer totalement aux fictions car elles semblent la plupart du temps exagérées et  inappropriées aux monstres décrits. Malgré cela, il y a de bonnes nouvelles qui sont divertissantes. On peut donc parler d’un livre pop-corn qui se lit bien et qui détend.

 

note6

 

Auteur

sherane

Chroniqueuse bande-dessinée, comics, manga, livre ... et plus généralement tout ce qui se dévore.

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1 Commentaire

  1. ,L’édition originale américaine est tellement plus belle! dommage cette manie de refaire les couvertures!
    super article pour un livre attirant et étrange! :)

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