Papiers Projets Zombies Evolution — 11 août 2013
Zombies Evolution – Partie 1 – Episode 8

evolution zombie

ZOMBIES EVOLUTION

Par John Steelwood

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Partie 1 – Episode 8

Journal, entrée du 02 Février 2045, 10h00

Le gosse est mort, définitivement hors-service.

J’ai eu tort de croire qu’il s’en sortirait. Les blessures étaient trop importantes. Il lui manquait la moitié du foie et je crois bien, je ne suis pas médecin¸ que la rate a également été arrachée par les zombies lors de l’attaque voilà maintenant quatre jours. Chose étrange, Francis n’a pas souffert. Tout le temps qu’il a passé auprès de moi, je ne l’ai pas entendu une seule seconde se plaindre.

Il y a de quoi relativiser, mine de rien. Moi qui n’arrête pas de m’appesantir sur mon avenir depuis ces dernières semaines, je crois que je ne verrai plus le monde avec les mêmes yeux dorénavant. Francis, un petit geek sans envergure, est mort avec sa dignité. Non, rien à dire là-dessus. Là où tout a commencé à partir en vrille, c’est quand il est mort justement. Je n’avais jamais vu ça sous cet angle jusqu’à présent, mais qu’est-ce qu’un zombie peut se plaindre quand même.

Quand Francis a expiré son dernier souffle, il y a deux jours environ. Je n’ai eu que très peu de temps pour tirer son corps à l’étage et le glisser dans la baignoire. Je ne saurai dire combien de temps exactement, mais après avoir posé un pied sur le palier du premier, j’ai senti les premiers soubresauts envahir ses bras. J’ai d’abord vu ses doigts se mouvoir de manière mécanique. J’ai eu l’impression qu’ils cherchaient à saisir un objet, les pouces n’arrêtant pas de presser dans le vide un bouton invisible.

— Tu as trop joué à la Playstation Francis, avais-je lancé, juste histoire de détendre l’atmosphère.

Heureusement, je suis un adepte de l’humour noir, je crois que si je n’avais pas eu ce recul nécessaire, Francis m’aurait choppé au niveau des couilles quand son bras s’est soudainement détendu comme un ressort. Ma vigilance m’a sauvé et c’est quand il a ouvert un œil, puis l’autre, que j’ai commencé à accélérer le pas. Il ne me restait plus beaucoup de temps avant qu’il ne se mette à grogner.

Je serais incapable de reproduire ce son guttural vomi par toute cette horde de mort-vivant, du moins tant que je vivrai, et quand Francis lâcha cette série de notes discordantes pour la première fois, je sus que la mort l’avait finalement rejetée pour le renvoyer au pays des vivants avec cette tare, celle d’errer à la recherche de chair fraîche, patientant qu’une âme charitable vienne lui transpercer le cerveau.

Ce que je ne fis pas dans l’immédiat.

Durant les dernières quarante-huit heures, j’ai gardé la porte de la salle de bain farouchement fermée. Je n’avais aucunement envie de voir Francis débouler dans le salon, tandis que je piquais un roupillon pour récupérer de mon escapade dans le jardin. Et justement, en parlant de force, l’autre point qui échappe encore à mon entendement reste cette puissance dégagée par les zombies. Je dis ça en parlant de Francis, car quand je l’ai balancé dans la baignoire, il s’est agrippé à mon pantalon en denim. Il a serré si fort, qu’il m’en a arraché un bout. J’ai d’ailleurs senti ses doigts d’une froideur étonnante, frôler mon épiderme.

Une chose est certaine. Quand je quitterai cette maison, et je pense de plus en plus avancer mon départ dans les jours qui viennent, il faudra que je me documente sur ces monstres. Si je me lance comme ça dans la nature, je sais que je ne survivrai pas longtemps. Bien que lents et désorganisés, les zombies ont cette faculté de ne jamais lâcher prise. Ils ne se posent plus de question, ils avancent, grattent, griffent, déchirent, arrachent et ce sans véritable espoir d’atteindre leur proie, pas dans l’immédiat dans tous les cas, mais ils s’obstinent. En fait, leur principal atout est qu’ils ont le temps, ils ne se lassent pas, ne se démotivent pas.

Moi j’ai manqué baisser les bras une bonne vingtaine de fois depuis que j’ai levé le siège dans ma maison, et je sais que je serai tenté de capituler encore par la suite. C’est ainsi, je suis vivant, donc, je doute.

Ce n’est plus le cas de Francis. Il a dorénavant rejoins les siens. Mais avant qu’il ne parte, un fusil à aiguiser planté entre ses deux orbites proéminentes, j’ai eu le temps de noter quelques renseignements dans un calepin. J’ajouterai une note à mon journal pour y détailler tout ce que j’ai pu relever en l’espace de deux jours. Je possède un livre, l’art de la guerre de Sun Tzu, à l’intérieur, il explique au lecteur combien il est important de connaître les faiblesses de son ennemi pour atteindre un but, celui de la victoire. Je vais donc exploiter mes analyses et tendre à mettre en place une tactique, qui, je l’espère, me permettre de m’en tirer sans une égratignure.

C’est plutôt marrant en y songeant, moi qui ait été réformé P4, je me vois glisser peu à peu dans la peau d’un stratège pour combattre le fléau zombies. J’en rirais tellement cette farce me semble absurde. Mais il me suffit d’un regard à Francis pour comprendre qu’il n’existe désormais plus de place à la pitié. Je me trompe peut-être, mais ça, seul le temps le dira. Et comme je l’ai dit, le temps appartient aux morts-vivants maintenant.

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4 Commentaires

  1. Superbe article !

  2. merci ^^

  3. Yeah, bientôt il quitte le nid :)

    Continue comme ça l’ami ;)

  4. Il y aura des retouches, c’est certain. Sinon, merci pour vos commentaires. Très touché. :)

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