Papiers Projets Zombies Evolution — 17 août 2014
Zombies Evolution – Partie 2 – Episode 2

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ZOMBIES EVOLUTION

Par John Steelwood

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Partie 2 – Episode 2

 

 

Au même moment, à l’extérieur du laboratoire Jean Mérieux

Les voitures étaient à l’arrêt sur l’avenue Gammier. Le soleil, qui invitait les gens à se balader, tapait avec férocité le bitume surchauffé. Plusieurs alarmes s’étaient déclenchées, et le sol se noyait sous les bouts de verre Sécurit. Au milieu de tout cela, au milieu de ces traces de sang et de ces morceaux de chair, des centaines de corps jonchaient le macadam, immobiles. La plupart étaient démembrés, d’autres voyaient leurs boyaux se dérouler tel un serpent ensanglanté, mais tous avaient en commun cette particularité : un crâne explosé.

« Ils en arrivent encore par là. »

Le son de la voix fut suivi par le bruit caractéristique d’un AK-47, puis par un celui d’un corps qui tombe sur la chaussée.

Depuis plusieurs jours, la troupe, à laquelle appartenait Sylvain, parcourait les rues du quartier et tentait de nettoyer la zone pour parvenir au seuil du laboratoire P4 de Lyon. Tous espéraient avoir des réponses quant à l’origine des attaques des morts-vivants et pénétrer dans ce bâtiment représentait pour tous la dernière chance de mettre un terme à cette hécatombe. Tous pensaient qu’à l’intérieur de cette structure, il devait y avoir une personne capable d’annihiler, à l’aide d’un vaccin, ce fléau qui s’était abattu dans le pays, sur l’Europe entière.

Sylvain faisait équipe avec Romain, un Dijonnais de passage dans la ville pour une convention sur les films d’horreur. Avant de se retrouver à errer dans les rues de Lyon, Romain avait établi un projet de vie, ce dernier avait rythmé une année de son existence. Aujourd’hui, avec l’apparition des zombies, tout abandonner comme il l’avait prévu pour se réfugier dans le Cantal afin d’y réaliser son rêve, devenir écrivain, n’existait plus que sous forme d’illusion.

Dorénavant, en lieu et place d’un stylo pour écrire des histoires, il tenait fermement un fusil-mitrailleur et réécrivait le monde en temps réel ; à coup de balles de 7.62 mm.

De son côté, Sylvain se trouvait à des milliers de kilomètres de son pays, le Québec lui manquait, mais il songeait surtout à sa compagne et ses enfants, dont il n’avait plus aucune nouvelle depuis la chute en cascade des réseaux. La fermeture des aéroports internationaux l’obligeait à prendre son mal en patience. Aux derniers échos, qui dataient d’environ une quinzaine de jours, Toronto comptait plus de morts que de vivants, Montréal résistait encore, et des poches de combattants s’étaient formées dans les bourgades alentour. Sylvain essayait de ne pas s’attarder sur le visage de ses proches qui vivaient à Trois rivières, il devait d’abord se protéger lui-même et ainsi, garder l’espoir qu’un jour il franchirait de nouveau l’Atlantique.

Romain précédait son binôme de quelques pas. Le regard à l’affût, il indiqua d’un index pointé vers sa droite, un zombie en train de se repaître du corps d’un policier. Il se glissa derrière le mort-vivant, extirpa un poignard de son équipement et le planta d’un coup sec dans l’occiput. Le zombie s’effondra sans avoir pu émettre le moindre grognement.

Tous deux avaient été envoyés en éclaireurs, et plus le laboratoire se rapprochait, plus le danger augmentait. Pour quelle raison, ils l’ignoraient. Soudainement, des mouvements en amont de leur chemin obligèrent Romain à prendre la parole.

— Un groupe arrive sur notre gauche, avertit Romain. Il te reste des munitions ? 

Tout en jetant un œil à Sylvain, ainsi qu’aux  morts-vivants marchant dans leur direction, Romain tira des poches de son treillis deux chargeurs de trente cartouches.

— Moi, il ne me reste plus qu’un seul chargeur et une dizaine de balles. Et vu le nombre, je crois qu’on est plutôt dans le trou, ponctua Sylvain.

— Ne perds pas espoir, dis-toi qu’on participe à une Zombie Walk, plaisanta Romain tout en pointant son arme sur la dizaine de morts-vivants remontant l’avenue.

Il lâcha une première salve, trois zombies tombèrent sur le sol. Puis une seconde. Sylvain l’imita. Ce dernier n’aimait pas du tout cette situation ; d’ailleurs, Sylvain se demanda qui dans le monde apprécierait de dégommer des corps sans vie. Hormis le Diable, il ne voyait personne d’autre. Sur cette pensée, il reprit le fil de la discussion et lança à son comparse :

— Moi, j’aurais plutôt dit que cette ville ressemble à l’antichambre de l’Enfer.

Il vida le restant de son chargeur sur le groupe de morts-vivants et pria intérieurement de ne pas perdre ce qui lui restait de plus cher : son humanité.

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