Culture Z Livres Papiers — 09 octobre 2013
Zombies ! Une histoire illustrée des morts vivants sorti le 25 septembre 2013

Illustration de couverture par Charlie Adlard et Cliff Rathburn

Synopsis

Cet ouvrage embrasse le phénomène complexe du zombie. Son auteur y expose son origine issue des mythes du vaudou Haïtien, et étudie son évolution depuis les romans de Mary Shelley et d’Edgar Allan Poe, jusqu’à ses incarnations les plus récentes. Richement illustré, le livre retrace l’histoire d’un genre cinématographique qui a émergé dans l’expressionnisme du début des années 1920, avant d’être progressivement consacré par la série B, puis par les cultures alternatives qui se développeront dès les années 1960. Le livre explore également les différentes écoles du zombisme, ses différentes périodes, ses codes propres.Bien documenté et même très critique à l’égard de certaines œuvres, cet ouvrage abondamment illustré (affiches de cinéma, photos…) constitue un ouvrage de référence incontournable pour se plonger dans la culture zombie et il est préfacé par George A. Romero.

L’auteur 

L’ouvrage est rédigé par une spécialiste du cinéma d’horreur, Jovanka Vuckovic, réalisatrice, éditrice et écrivain canadienne.  Après des études d’anthropologie, elle obtient le prix Gemini dans la catégorie «Meilleurs effets visuels» pour CSC Télévision. Rédactrice pour le magazine Rue Morgue, elle devient une spécialiste de la littérature et du cinéma de genre. Elle travaille actuellement à son premier film d’horreur, The Captured Bird.

La revue de presse ; Macha Séry – Le Monde du 3 octobre 2013

Oui, ils sont sales, balafrés, repoussants. Et manquent singulièrement de manières lorsqu’ils sont affamés. N’empêche, dans sa préface à Zombies ! de Jovanka Vuckovic, ouvrage critique et historique sur ce phénomène culturel, le cinéaste George A. Romero juge les morts plus fréquentables que les vivants qui, eux, mentent, se saoulent et passent leurs soirées à regarder du sport à la télé…
L’album de Jovanka Vuckovic tient du catalogue raisonné. Il n’omet presque rien des productions culturelles qui, à chaque décennie, ont ressuscité et régénéré par leurs problématiques ce mort qui, décidément, refuse de se laisser enterrer…
Si ce spectre s’est autant généralisé dans la culture populaire, c’est qu’il renvoie, par sa plasticité, à des angoisses contemporaines : dépersonnalisation des individus, clonage, hordes de sans-abri déferlant dans les mégalopoles, épidémies virales, guerres bactériologiques, catastrophes environnementales… L’auteur le répète : ” Les zombies ne sont qu’un catalyseur et un prétexte à faire naître les conflits “, brouillant les frontières entre ” eux ” et ” nous “, l’” ordinaire ” et le ” monstrueux “.

La préface de Romero, que j’ai tellement aimée que je vous la livre intégralement :

Alors, voilà, au cours de ces 43 dernières années, j’ai passé bien du temps (probablement trop sans doute) à traîner avec des morts. Pourtant, ce n’est pas que je sois nécrophile. Certes, il m’est arrivé de trouver certaines mortes plutôt charmantes, mais si les mortes sont généralement dociles pour peu qu’elles soient rassasiées, je préfère quand même être serré sur la poitrine douce et chaude d’une vivante, à l’intérieur de laquelle un cœur bat encore. Quant aux mâles de l’engeance morte, l’exemplarité de leur comportement pourrait bien coller la honte aux vivants.  D’accord, ils pètent ou rotent à l’occasion, mais ils ne mentent pas, ne se saoulent pas et se grattent rarement les couilles. Et surtout, ne monopolisent pas la télé pour regarder du sport, alors que je serais plutôt tenté par un bon vieux classique du cinéma.

En fait, tout bien considéré, je préfère la compagnie des morts à celles des vivants.

Je ne saurais dire à quel point ça me fout en rogne quand je vois la grossièreté et la brutalité avec laquelle les morts sont traités par l’un ou l’autre de ces innombrables réalisateurs qui font des films de zombies de nos jours. Il y a un assureur qui diffuse des spots publicitaires dont le slogan est “si simple qu’un homme des cavernes pourrait le faire “. Dans l’un d’eux, on voit un homme des cavernes en costume Gucci, un verre de vin à la main, qui finit par être si agacé qu’il s’en va, indigné au possible. Et tout ça m’amène à me demander ce que les morts peuvent bien penser lorsqu’un film ridicule les insulte de la même manière en les présentant comme des crétins dérisoires et sans cervelle.

Un zombie, même s’il rêve de devenir le nouveau Usain Bolt, sait au fond de son cœur… où de ce qui lui reste de son cœur… qu’il ne peut pas courir ! Ses chevilles n’y résisteraient pas et du coup, non seulement sa mobilité s’en trouverait grandement diminuée, mais avec elle sa capacité à attraper les proies qui s’ingénient à fuir devant lui.

Ces dernières années, des auteurs ont tenté d’échafauder des raisons expliquant l’existence des zombies. Un virus d’un genre particulier s’est propagé. Ou bien les autorités ont exposé une population à une terrifiante substance cancérigène. Ou encore ce sont les téléphones portables qui transforment les masses en décérébrés. Or, j’ai le sentiment que ces auteurs, dont certains sont mes amis, passent à côté de l’essentiel. Car le fond de la question est le suivant : si la fameuse apocalypse zombie doit un jour survenir, alors c’est que la puissance qui nous a tous créés, vous comme moi, à changé les règles du jeu à nos dépends.

Naguère, la mort était une sorte de récompense, la promesse d’un sommeil que ne viendrait jamais troubler la sonnerie d’un réveil. Pendant des siècles, les églises ont fait peser sur nous la menace d’une fiction, celle d’un jugement après la mort, au terme duquel chacun d’entre nous se verrait envoyer au paradis ou en enfer. Et moi je dis “Foutaises !” Nous n’allons nulle part. On ferme les yeux et c’est fini. Rien de plus.

Mais qui veut croire une chose pareille? Y croire vraiment ? Pas vous, pas moi, ni même le marchand de glaces !

Au fond, je crois que je suis destiné à rester ici. Je crois que si je devais disparaître, être retiré purement et simplement de ce mélange qui forme notre tout, alors le monde ne s’en porterait pas mieux, au contraire. J’aime à penser que je suis suffisamment important pour être un élément permanent de ce que nous appelons “la vie”. Par conséquent, d’une manière un peu étrange, je crois que les fictions qui mettent en scène des zombies contribuent à nous donner de l’espoir.

Avec ce livre que vous tenez entre vos mains, Jovanka “The Vook” Vuckovic nous offre une histoire des zombies au cinéma et dans la littérature.

En le lisant n’oubliez pas …

Qu’un jour, vous aussi vous mourez.

Et quand ce jour sera venu…

Et quand vous reviendrez d’entre les morts chez les vivants…

N’oubliez pas d’être “quelqu’un de bien”

Georges A. Romero

Voilà, je vous fais la critique dans un prochain article mais ça s’annonce bien…

Auteur

Mary

Mère de 2 enfants, passionnée de survie, experte en techniques de combat de spray et en maniement de seringue, se dresse contre la bêtise, l'égocentrisme, et... les zombies, parce que, sans déconner, July a raison, ça va nous tomber dessus !

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3 Commentaires

  1. Ca donne vachement envie :)

    Un grand merci pour cet article ! Vous savez si on peut le trouver facilement dans n’importe quelle librairie ???

  2. super intéressent

  3. Yeah, merci ! Et avec une préface écrite par Roméro, c’est que le livre doit vraiment être intéressant !

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